June 5, 2019 / 11:00 AM / 4 months ago

Alstom-GE-Le député Olivier Marleix interrogé sur son signalement

PARIS, 5 juin (Reuters) - Des policiers de l’Office central de lutte contre la corruption ont entendu le 29 mai le député Les Républicains (LR) Olivier Marleix, auteur d’un signalement au parquet de Paris sur les conditions de la vente de la branche énergie d’Alstom au groupe américain General Electric , a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information de L’Obs.

Selon la même source judiciaire, il a été entendu comme témoin “à la demande du parquet, qui souhaitait lui faire préciser les termes de sa dénonciation”.

“Son signalement et ses déclarations sont désormais en cours d’analyse au parquet, qui étudie les suites à donner”, a-t-on précisé à Reuters de même source.

Olivier Marleix a notamment mis en cause Emmanuel Macron dans ce signalement transmis en janvier au parquet.

L’ex-président de la commission d’enquête parlementaire sur les décisions de politique industrielle de l’Etat dit avoir la conviction que le ministre de l’Economie de l’époque, Arnaud Montebourg, a été “court-circuité par Emmanuel Macron”, alors secrétaire général adjoint de la présidence de la République.

L’actuel chef de l’Etat a succédé en 2014 à Arnaud Montebourg, quelques mois avant la signature du rachat du pôle énergie d’Alstom par GE, le 4 novembre de la même année, et a autorisé d’autres ventes concernant Alcatel, Technip et STX.

Le député dit avoir découvert des gens qui semblent avoir eu “intérêt à l’aboutissement de ces ventes”, notamment au titre de conseils, parmi les donateurs et organisateurs de levées de fonds pour la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

“Le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées (à ces ventes) ne peut qu’interroger”, avait-il déclaré en janvier à Reuters, reprenant la teneur de son courrier au procureur.

“S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption”, avait-il ajouté.

Olivier Marleix s’interroge d’autre part sur l’absence de poursuites pénales contre Alstom en France pour des faits de corruption présumés dans plusieurs pays entre 2000 et 2011, qui lui ont valu de payer une lourde amende aux Etats-Unis et a contribué à déstabiliser le groupe.

Il avait déjà dit en avril 2018, lors de la présentation des conclusions de la commission parlementaire, avoir la conviction “qu’en autorisant la vente d’Alstom à GE, l’Etat (avait) failli à préserver les intérêts nationaux”.

Un ex-cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci, dénonce pour sa part les circonstances troubles de cette vente dans un livre récemment publié, “Le piège américain” (JC Lattès).

Selon lui, Alstom a été contraint de vendre sous la pression des Etats-Unis, où il a été arrêté le 14 avril 2013 à New York, à sa descente d’avion, dans ce qu’il décrit comme une “guerre économique souterraine” livrée à l’Europe. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below