June 4, 2019 / 12:41 PM / 5 months ago

Les cheminots dénoncent la "violence" de la restructuration SNCF

PARIS, 4 juin (Reuters) - Les quatre syndicats de cheminots à l’origine de trois mois de grève par intermittence en 2018, ont appelé mardi à manifester pour dénoncer les conditions de réorganisation du groupe, dignes, selon certains, d’un scandale “France Télécom”.

La CGT-Cheminots, l’UNSA Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots pointent du doigt les difficultés de la mise en oeuvre de la réforme votée en 2018 qui prépare le groupe à l’ouverture à la concurrence pour 2020, met fin au recrutement des salariés au statut du cheminot et permet le rachat d’une partie de la dette par l’Etat.

“On est dans une réorganisation de la production de la SNCF qui veut faire de la productivité par rapport à la perspective de l’ouverture à la concurrence, ce qui met le corps social en inquiétude”, a déclaré à Reuters le secrétaire général UNSA Ferroviaire.

Il évoque les suppressions d’emplois, la fermeture de guichets, les négociations sur la nouvelle convention collective “qui n’avancent pas”. Cette convention doit notamment définir la rémunération et la classification des cheminots nouvellement embauchés.

Cette incertitude sur l’avenir du secteur “engendre de la souffrance au travail, couplée avec un management particulièrement abrupt et dépourvu de politique humaine”, peut-on lire dans une lettre adressée le mois dernier au Premier ministre par les quatre organisations.

UNE VINGTAINE DE SUICIDES SELON SUD-RAIL

Sud-Rail parle d’une vingtaine de suicides depuis le début de l’année en lien avec la restructuration, dont un la semaine dernière d’une personne dont le poste a été supprimé.

“On voit bien que l’entreprise sait que le management et la réorganisation qui sont à l’oeuvre sont toxiques pour les salariés”, a déclaré le secrétaire général du syndicat Eric Meyer sur RTL.

Il compare ces méthodes à celles de la direction de France Télécom, qui, entre 2006 et 2010, a mis en place un plan de restructuration soupçonné d’être à l’origine d’une vague de suicides. “Au prix de combien de morts devra-t-on faire arrêter des restructurations si elles sont mauvaises?”, dit-il.

Le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, a admis à la mi-mai qu’il y avait de nombreuses inquiétudes au sein du personnel.

Avec l’entrée en vigueur de la mise en concurrence, “les gens sentent qu’ils vont avoir face a eux d’autres cheminots” et se demandent “si la compétition va être égale”, si on va “tout donner” pour la SNCF ou bien si cette entreprise sera “plombée”, a-t-il dit à l’émission Quotidien.

Il y a aussi “beaucoup d’interrogations” sur l’accord d’entreprise et l’accord de branche qui devront encadrer le dialogue social à l’avenir, a-t-il ajouté.

Un “Observatoire de la transformation” sera mis en place pour assurer un accompagnement, dit-on à la SNCF.

Le trafic était normal ce mardi sur les réseau TGV, Intercités, Transilien, Eurostar et Thalys, et quasi-normal sur les TER. (Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)

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