June 3, 2019 / 7:44 AM / 3 months ago

LEAD 4-Conte menace de démissionner en raison des querelles Ligue/M5S

(Ajoute réactions de Salvini et Di Maio)

ROME, 3 juin (Reuters) - Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a menacé de démissionner lundi en raison des querelles incessantes entre les deux partis qui forment la coalition au pouvoir à Rome.

Lors d’une conférence de presse archicomble organisée au palais Chigi, Conte a sommé la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio, ses deux vice-présidents du Conseil, de décider rapidement s’ils veulent des élections anticipées ou préfèrent continuer à gouverner ensemble.

Il a ajouté qu’il n’avait pas l’intention de rester à son poste sans être assuré de la loyauté des deux formations au pouvoir.

“Je ne suis pas ici seulement pour vivoter, ou me laisser porter par les événements”, a déclaré le chef du gouvernement.

“S’ils n’assument pas clairement leurs responsabilités comme j’ai demandé (...), alors je démissionnerai”, a-t-il prévenu.

“Nous ne devons pas laisser des controverses stériles et de vains arguments gaspiller notre précieuse énergie ou nous détourner des objectifs gouvernementaux”, a ajouté Giuseppe Conte.

Les deux vice-présidents ont répondu rapidement à l’ultimatum de Conte.

Salvini a tweeté alors même que le président du Conseil était encore en train de s’exprimer devant la presse, en affirmant vouloir continuer de la sorte.

“Nous sommes prêts, nous voulons aller de l’avant et nous n’avons pas de temps à perdre. La Ligue est dedans”, a écrit le chef de la Ligue, qui est aussi ministre de l’Intérieur.

Luigi Di Maio s’est pour sa part déclaré prêt à participer à une réunion gouvernementale dès mardi matin afin de débattre de questions comme les baisses d’impôts, chères à la Ligue, ou l’instauration d’un revenu minimum, défendue par le M5S.

“C’est le seul gouvernement possible capable de servir au mieux la nation”, a-t-il ajouté sur Facebook.

Juriste inconnu du grand public, Giuseppe Conte a été choisi par la Ligue et le M5S en raison de sa faible notoriété. Il n’a jamais obtenu de mandat électif et n’appartient à aucun des deux partis de la coalition, même si on le dit proche de Luigi Di Maio.

Les dissensions entre la Ligue et le M5S durent depuis des mois mais le résultat des élections européennes du 26 mai a encore aggravé les tensions.

En l’emportant avec un peu plus de 34% des voix contre 17% seulement pour le M5S, la Ligue a démontré dans les urnes qu’elle avait inversé le rapport de forces issu des élections législatives de mars 2018 (le M5S avait alors réuni près de 33% des voix contre un peu plus de 17% pour la Ligue).

ÉLECTIONS EN SEPTEMBRE ?

Depuis le scrutin, Salvini, qui réclame le droit de sortir de la “cage budgétaire” européenne, a rejeté les appels de l’UE à la discipline budgétaire et affirme que la large victoire de son parti aux européennes lui donne mandat pour renégocier les règles budgétaires de l’UE afin de baisser les impôts des contribuables italiens.

L’avenir de l’attelage formé par la Ligue et le M5S est au centre des interrogations. Le quotidien La Stampa a rapporté la semaine dernière que des élections anticipées étaient envisagées pour le mois de septembre, une perspective démentie par Salvini: “Il n’y aura pas d’élections anticipées, en septembre nous préparerons le budget”, a-t-il dit jeudi dernier.

Lors de sa conférence de presse, Giuseppe Conte a déclaré que l’élaboration du budget 2020 à l’automne serait une tâche complexe pour son gouvernement et que l’Italie avait besoin de la confiance des marchés financiers.

La Commission européenne a officiellement demandé la semaine dernière à l’Italie de s’expliquer sur la détérioration de ses comptes publics, une démarche qui pourrait aboutir à l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Rome.

Giuseppe Conte a estimé que son gouvernement devait respecter les règles budgétaires de l’UE tant que celles-ci n’auraient pas été modifiées.

La dette publique italienne a atteint 132,2% du PIB l’an dernier et pourrait encore augmenter, à 133,7% cette année et 135,2% en 2020 selon les dernières prévisions de la Commission.

Le déficit structurel (hors éléments exceptionnels et impact du cycle économique) de l’Italie, censé diminuer de 0,6 point de pourcentage par an jusqu’au retour à l’équilibre, est au contraire en hausse continue depuis 2015. Il pourrait atteindre 2,4% du PIB cette année et 3,6% en 2020 en l’absence de mesures nouvelles. (Giuseppe Fonte, avec Giselda Vagnoni et Angelo Amante Nicolas Delame, Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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