May 29, 2019 / 11:36 AM / 6 months ago

LEAD 1-France-Croissance confirmée au T1, épargne et marges au sommet

    * Léger ralentissement de la croissance au T1 par rapport à
la fin
2018
    * Le taux d'épargne des ménages au plus haut depuis 2012
    * Le taux de marge des entreprises au plus haut depuis 2008

 (Actualisé tout du long avec précisions supplémentaires)
    PARIS, 29 mai (Reuters) - L'économie française, qui a
affiché une croissance de 0,3% sur les trois premiers mois de
2019, n'a pas profité en début d'année des mesures prises par le
gouvernement pour doper le pouvoir d'achat, les ménages
préférant mettre ces sommes de côté plutôt que de les consacrer
à des dépenses de consommation.
    S'agissant des entreprises, le taux de marge a bondi sur la
période, soutenu par la transformation du crédit d'impôt pour la
compétitivité et l'emploi (CICE) en réduction pérenne de
cotisations sociales patronales, ce qui lui a permis de renouer
avec ses niveaux d'avant-crise.    
    Selon les données publiées mercredi par l'Insee, la
croissance française a donc légèrement ralenti au premier
trimestre par rapport à son rythme de la fin 2018.    
    La progression du produit intérieur brut (PIB) du quatrième
trimestre a en effet été revue en légère hausse à 0,4%, alors
qu'elle avait été annoncée à 0,3% dans la dernière estimation
publiée fin avril.
    L'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année 2019, à
savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait complètement au
cours des trois prochains trimestres de l'année, se maintient à
0,8%, comme en première estimation.
    Par rapport aux premières estimations publiées à la fin
avril, l'Insee a confirmé les contributions à la croissance du
premier trimestre du commerce extérieur (-0,3 point) et des
variations des stocks des entreprises (+0,3 point), tandis que
celle de la demande intérieure finale, traditionnel moteur de la
croissance française, a été révisée en légère hausse, à +0,4
point contre +0,3 point initialement.   
    
    FORTE APPÉTENCE POUR L'ÉPARGNE  
    Sur les trois premiers mois de l'année, la progression du
pouvoir d'achat des Français est restée solide malgré un léger
ralentissement, profitant notamment des dispositions annoncées
par le gouvernement en fin d'année dernière pour tenter
d'apaiser la grogne des "Gilets jaunes", d'un montant d'environ
dix milliards d'euros. 
    Sa hausse de 0,9% (après 1,1% fin 2018), a ainsi été
alimentée entre autres par les primes exceptionnelles exonérées
de charges versées par certaines entreprises, la revalorisation
et l'élargissement de la prime d'activité ou encore les heures
supplémentaires défiscalisées.     
    Cette franche progression du pouvoir d'achat ne s'est
pourtant accompagnée que d'une accélération limitée des dépenses
de consommation des ménages (+0,4% après +0,3% au quatrième
trimestre 2018), les ménages préférant en profiter pour gonfler
leur bas de laine, comme en témoignent les niveaux élevés de
collecte des derniers mois pour l'assurance vie et le Livret A.

    Conséquence: le taux d'épargne des ménages a augmenté de 0,4
point à 15,3%, au plus haut depuis le troisième trimestre 2012,
au plus fort de la crise de la dette grecque.         
    
    
    "Cette propension à épargner s'explique par le maintien des
incertitudes économiques et sociales", estime Philippe Crevel,
directeur du think tank le Cercle de l'épargne.
    "Après la grave crise des 'Gilets jaunes', les ménages
restent sur leurs gardes et ont tendance à différer leurs achats
durables. Ils doutent de la poursuite de cette politique
favorable du pouvoir d'achat et de la baisse de l'inflation",
observe-t-il dans une note. 
    Plus de six mois après ses débuts, ce mouvement de
contestation ne s'est toujours pas éteint - même si la
mobilisation lors des manifestations du samedi s'est largement
étiolée - en dépit des cinq milliards d'euros de baisse d'impôt
promis aux ménages par Emmanuel Macron à la suite du "grand
débat".
    En ce qui concerne les entreprises, qui cumulent cette année
les fonds CICE versés au titre de l'année 2018 et la réduction
de leurs cotisations sociales, elles ont vu leur taux de marge
bondir de 1,1 point au premier trimestre. A 32,6%, il s'établit
à un plus haut depuis le troisième trimestre 2008, c'est-à-dire
juste avant le déclenchement de la crise financière.     
                
    Statistiques détaillées sur le site de l'Insee :
    bit.ly/2Kcqzku
         
 Le point sur la conjoncture française                        
 Graphique: Les chiffres clés de l'économie   tmsnrt.rs/2B7G9qP
 
    
 (Myriam Rivet, avec Leigh Thomas, édité par Sophie Louet)
  
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