April 15, 2019 / 5:01 AM / 3 months ago

RPT-POINT HEBDO-Des marchés en manque d'inspiration, des incertitudes toujours élevées

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée vendredi)

* Les Bourses mondiales font du surplace

* La saison des résultats du T1 monte en puissance

* Le début d’embellie économique demande à être confirmé

* L’accord Chine-USA se fait attendre, menace sur l’Europe ?

par Blandine Henault

PARIS, 15 avril (Reuters) - Atonie, sclérose, pause... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la semaine molle observée sur les marchés d’actions, les investisseurs paraissant reprendre leur souffle après un premier trimestre en fanfare.

Le Stoxx 600 a évolué dans une fourchette étroite de moins de six points entre son plus haut et son plus bas des cinq dernières séances et s’est replié de 0,21% sur la semaine, sa plus faible variation hebdomadaire depuis la semaine ayant suivi Noël.

Même scénario pour le S&P 500 et pour l’indice mondial MSCI ACWI, quasiment inchangés sur la semaine.

Si les incertitudes sur le Brexit ont été temporairement levées avec le report de la date de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne à fin octobre, plusieurs questions cruciales restent en suspens: quel sera le discours des dirigeants d’entreprises à l’issue du premier trimestre; l’amorce d’embellie économique va-t-elle se confirmer; un accord commercial Chine-USA sera-t-il conclu ?

Du côté de la microéconomie, le bal des publications de résultats du premier trimestre va monter en cadence dans les prochains jours aux Etats-Unis comme en Europe. Les attentes des analystes ont été fortement revues à la baisse et le consensus attend désormais une baisse de 2,5% des profits du S&P 500 - ce qui serait une première en trois ans - et un repli de 3,2% pour les sociétés du Stoxx 600.

“La bonne nouvelle: lors des trimestres précédents qui ont connu des ajustements à la baisse dramatiques similaires des estimations, les bénéfices par action ont fait mieux que prévu, de l’ordre en moyenne de 3%”, indiquent les stratèges de Bank of America-Merrill Lynch.

Ces derniers estiment qu’il faudra surtout surveiller le discours des dirigeants d’entreprises. Ces derniers ont eu tendance à se montrer de plus en plus prudents depuis la mi-2018 et l’accélération de la dégradation de la conjoncture mondiale.

“Nous surveillerons attentivement lors de cette saison de résultats des signes de reprise dans les prévisions, ce qui pourrait être un catalyseur positif pour le marché et suggérer que les révisions à la baisse ont probablement touché un point bas”.

DE LÉGERS SIGNAUX POSITIFS SUR LA CROISSANCE

Autre point d’attention, les signes timides de reprise de l’économie. Si les banques centrales et les grandes institutions restent très prudentes sur leurs prévisions économiques - le FMI ayant de nouveau abaissé ses estimations de croissance pour cette année - certains indicateurs ne sont pas passés inaperçus.

“En particulier, les indices PMI de mars ont surpris de façon positive”, relèvent les stratèges de NN Investment Partners (NNIP). “Ce n’est encore qu’un début et les chiffres meilleurs que prévu sont loin d’être concluants, c’est pourquoi nous préférons parler de ‘green shoots’”.

Mais ces quelques statistiques ont suffi pour laisser espérer à beaucoup d’opérateurs de marché une reprise de l’économie mondiale au second semestre, voire dès ce deuxième trimestre.

“Un reprise plus prononcée du cycle est devenue plus probable dans les prochaines semaines. C’est la principale raison pour laquelle nous sommes passés à ‘surpondérer’ sur les actions mondiales”, indiquent les stratèges de NNIP.

Dans ce contexte, les opérateurs de marché guetteront notamment la publication, mercredi, du produit intérieur brut chinois pour le premier trimestre, qui sera accompagnée des statistiques sur les ventes de détail et la production industrielle. Puis celle, jeudi, des indices PMI flash en zone euro pour le mois d’avril.

Les économistes interrogés par Reuters tablent sur une croissance de 6,3% sur un an en Chine lors des trois premiers mois de l’année, après +6,4% au dernier trimestre de 2018. Et sur une légère amélioration de l’indice PMI manufacturier en zone euro, prévu à 47,9 après 47,5 en mars.

Autre indicateur très attendu, celui des ventes au détail aux Etats-Unis en mars (jeudi) qui devrait permettre de tester la vigueur de la consommation des ménages américains, premier moteur de la croissance du pays.

Les économistes visent une progression de 0,7% le mois dernier, après la baisse inattendue constatée en février.

Mais certains sont plus prudents. “Nous nous attendons à un ralentissement de la consommation des ménages américains avec le rebond puissant des cours du pétrole”, indique ainsi Olivier Raingeard, directeur des investissements de Neuflize OBC.

“On voit bien la préoccupation des investisseurs sur l’économie américaine et nous pensons qu’elle va perdurer. Le ralentissement est en cours et va se poursuivre”.

L’EUROPE, PROCHAINE CIBLE DE TRUMP ?

Sur le front du commerce, peu de nouvelles sur les négociations en cours entre les Etats-Unis et la Chine ont filtré ces derniers jours.

Sur la foi des dernières déclarations de Donald Trump, un accord pourrait être prêt d’ici la fin du mois mais aucun calendrier officiel n’a été dévoilé.

Certains observateurs préviennent qu’en cas d’accord, la nouvelle pourrait ne pas être si positive pour les marchés. D’abord, parce qu’elle semble avoir déjà être largement intégrée dans les cours. Ensuite, parce qu’elle pourrait être l’occasion pour Donald Trump d’ouvrir un nouveau front sur le commerce avec l’Europe.

Le président américain a prévenu mardi que les Etats-Unis allaient imposer des droits de douane sur 11 milliards de dollars (9,8 milliards d’euros) de produits de l’Union européenne, une mesure de rétorsion pour protester contre des aides publiques de l’UE.

“Il faut bien comprendre que la démarche s’inscrit pleinement dans le cadre des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le 11 décembre dernier, l’OMC a rendu une décision finale sur l’affaire des subventions de l’Union Européenne à Airbus. Elle est en faveur des Etats-Unis”, rappelle Hervé Goulletquer, stratège chez LBPAM.

Pour ce dernier, la décision américaine de procéder dans le strict cadre de la légalité internationale indique que l’administration Trump n’a pas l’intention d’agir de façon agressive à l’égard de son partenaire commercial européen.

On pense bien sûr à la menace évoquée il y a plusieurs mois par les Etats-Unis de taxer les importations de voitures européennes. Depuis la trêve conclue entre Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker l’été dernier, le dossier est en suspens.

“L’automobile représente 8% du commerce international. Cela peut avoir un impact beaucoup plus marqué que la simple problématique Chine-USA”, prévient Olivier Raingeard, chez Neuflize OBC.

VOIR AUSSI:

GESTION-Flux massifs sur l’obligataire, moindres rachats sur les actions-BAML

ENTRETIEN-Des tarifs sur l’automobile seraient très dommageables-FMI

ENQUÊTE-La croissance chinoise pourrait tomber à 6,2% en 2019

édité par Patrick Vignal

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below