April 10, 2019 / 1:26 PM / a month ago

ENCADRE-Les partis religieux vont peser sur la politique budgétaire israélienne

JERUSALEM, 10 avril (Reuters) - Avec 16 députés sur les 120 que compte le Parlement israélien, les partis ultraorthodoxes juifs ont signé une solide performance lors des élections législatives de mardi et devraient monnayer leur soutien au futur gouvernement au détriment d’une politique de rééquilibrage budgétaire.

Le Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahu, ne pourra se passer de l’appui des partis Shas et Judaïsme unifié de la Torah s’il opte pour une coalition à droite plutôt que pour une alliance avec ses rivaux centristes.

Mais les deux partis religieux, dont la représentation combinée à la Knesset progresse de trois sièges, prônent une politique à rebours des préconisations de la Banque centrale israélienne et du Fonds monétaire international (FMI).

Pour ces institutions financières, l’Etat hébreu n’a plus les moyens de financer sa politique de soutien à la communauté des Haredim, notamment les allocations versées à ces juifs ultra-orthodoxes, qui représentent environ 10% de la population, pour qu’ils puissent se consacrer aux études théologiques.

La moitié seulement des hommes de la communauté des Haredim occupent un emploi (pour les femmes, le taux monte à 70%, mais à des salaires bien inférieurs à ceux des femmes n’appartenant pas à leur communauté).

Dans leurs programmes, Judaïsme unifié de la Torah et le parti Shas s’engagent à maintenir le statu quo, voire à augmenter les bourses et allocations versées aux juifs haredim.

“Bénéficier d’un pouvoir renforcé signifierait qu’ils auraient davantage de moyens d’action pour obtenir des bourses plus élevées pour les étudiants (séminaristes)”, souligne Eitan Regev, économiste à l’Institut israélien de la démocratie.

Le taux d’emploi de la communauté haredim, rappelle-t-il, est directement lié au montant des allocations. Après les élections de 2013, le montant des bourses publiques avait diminué et davantage d’hommes s’étaient tournés vers le marché de l’emploi; deux ans plus tard, mouvement inverse quand les bourses avaient été revalorisées.

Or, avec un déficit budgétaire attendu autour de 4% du PIB cette année - contre un objectif de 2,9% -, Israël aura sans doute du mal à faire l’économie de mesures d’austérité.

La Banque d’Israël recommande une baisse de la dépense publique et une hausse des impôts.

Elle assure aussi que le maintien à l’écart du marché du travail d’une part importante de la population en âge de travailler risque de ralentir la croissance de l’économie israélienne.

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Steven Scheer et Ari Rabinovitch Henri-Pierre André pour le service français

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