April 9, 2019 / 9:48 AM / a month ago

LEAD 2-Bruxelles envisage de riposter aux USA dans le dossier Airbus/Boeing

(Actualisé avec Commission européenne)

BRUXELLES/PARIS, 9 avril (Reuters) - La Commission européenne a commencé à préparer d’éventuelles représailles contre les subventions américaines accordées à Boeing tout en restant prête à la discussion, a déclaré mardi un porte-parole de l’exécutif européen au lendemain de la menace de Washington de taxer certaines importations européennes pour répondre à des subventions reçues par Airbus.

“La Commission entame des préparatifs afin de faire en sorte que l’Union européenne puisse agir rapidement à la suite de la décision de l’arbitre (de l’Organisation mondiale du commerce) en matière de droits à des représailles dans le dossier”, a dit le porte-parole.

“L’Union européenne reste ouverte à la discussion avec les Etats-Unis, sous réserve qu’il n’y ait pas de conditions préalables et que le but soit d’aboutir à un résultat équitable.”

Les Etats-Unis ont évalué à 11 milliards de dollars le montant des dommages causés par ce qu’ils considèrent comme des subventions illégales à Airbus. Ils ont publié lundi soir une liste de produits européens qui pourraient faire l’objet de droits de douane en représailles.

Les avions de ligne gros porteurs européens ainsi que leurs pièces détachées mais aussi les produits laitiers et le vin font partie des importations visées.

“Sans doute s’agit-il d’une façon de préparer les discussions commerciales avec l’Europe, qui doivent débuter bientôt, en situation de force”, a commenté l’économiste Hervé Goulletquer, de LBPAM. “Mais en n’oubliant pas que l’UE a aussi un dossier, de même nature et concernant Boeing, déposé auprès de l’OMC.”

APPEL AU COMPROMIS

Airbus a déclaré ne voir aucune base légale à la menace américaine.

“Airbus a pris les mesures nécessaires pour se conformer aux éléments relativement mineurs qui subsistaient (...) en ce qui concerne les subventions à Airbus”, a ajouté son porte-parole Rainer Ohler.

“Le montant est largement exagéré et sera de toute façon défini par l’OMC et pas les Etats-Unis”, a-t-il souligné.

“Tout cela conduit à des tensions commerciales inutiles et montre que la seule solution raisonnable dans ce long différend commercial est un règlement.”

En Bourse, l’action Airbus cédait environ 1,4% en fin de matinée, dans un marché parisien en légère hausse.

Les Etats-Unis et l’Union européenne s’accusent mutuellement devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 2004 d’aides publiques illégales au bénéfice de leurs constructeurs d’avions respectifs, Boeing et Airbus.

Le rapport de l’Organe d’appel de l’OMC a conclu fin mars que les Etats-Unis avaient ignoré une demande de supprimer un avantage fiscal accordé à Boeing dans l’Etat de Washington, ce que l’UE considère comme une validation de sa position, selon laquelle Boeing continue de recevoir des subventions illégales.

Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a lui aussi plaidé pour un compromis entre les Etats-Unis et l’UE.

“L’intérêt des Etats-Unis comme l’intérêt du continent européen et de la France, c’est de trouver un accord à l’amiable”, a-t-il dit à la presse.

“Quand je vois la situation de la croissance mondiale, je ne pense pas que nous puissions nous permettre un conflit commercial, même sur les seules questions de l’industrie aéronautique, entre les Etats-Unis et l’Europe.” (Philip Blenkinsop et Tim Hepher, Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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