April 8, 2019 / 10:07 AM / in a month

Les banques allemandes veulent que la BCE module le taux de dépôt

FRANCFORT, 8 avril (Reuters) - La fédération bancaire allemande BdB a appelé lundi la Banque centrale européenne (BCE) à réduire les coûts liés aux réserves excédentaires déposées auprès d’elle en leur appliquant un taux modulé.

“Si la BCE est incapable de mettre fin cette année à l’ère des taux d’intérêt négatifs, elle doit au moins prendre exemple sur les banques centrales de Suisse et du Japon”, a écrit le vice-président de la BdB, Hans-Walter Peters, dans un discours qu’il devait prononcer lors d’une conférence de presse.

La Suisse et le Japon pratiquent eux aussi des taux négatifs mais ceux-ci ne s’appliquent aux réserves excédentaires des banques qu’au-delà d’un certain plafond.

“Cet aménagement doit se faire maintenant”, a ajouté Hans-Walter Peters.

Le taux de la facilité de dépôt de la BCE est actuellement de -0,4%, ce qui se traduit pour les banques par un coût important sur les liquidités déposées auprès de la banque centrale, un facteur considéré comme un handicap pour la transmission de la politique monétaire à l’économie réelle.

Les membres du Conseil des gouverneurs de la BCE ont débattu lors de la réunion de politique monétaire de mars des risques liés au niveau actuel des taux, a montré jeudi le compte rendu de cette réunion.

Selon des sources proches des discussions en cours, les services de la banque centrale étudient la possibilité de moduler par paliers le niveau du taux de dépôt dans le but de réduire le coût de celui-ci pour les banques, ce qui améliorerait leur rentabilité.

La mise en place d’un taux modulé pourrait toutefois être perçue par les marchés financiers comme un signal laissant entendre que les taux d’intérêt resteront encore longtemps à leur niveau actuel historiquement bas, ce qui contredirait les indications données par la BCE sur l’orientation future de sa politique puisqu’en mars, la banque centrale a simplement déclaré que les taux resteraient à leur niveau actuel au moins jusqu’en 2020.

Certains analystes notent par ailleurs que si de grandes banques comme Deutsche Bank ou Commerzbank en Allemagne et BNP Paribas ou Société générale en France bénéficieraient à coup sûr d’un tel mécanisme, il n’est pas certain que la mesure profite aux banques petites ou moyennes.

Le secteur bancaire allemand se caractérise par une concurrence forte et une rentabilité faible, ce qui a conduit ses deux principaux acteurs, Deutsche Bank et Commerzbank, à engager des discussions en vue d’une possible fusion, censée permettre des économies d’échelle et une réduction des coûts.

“Des banques rentables ne font pas forcément joli mais elles sont nécessaires pour une économie importante et tournée vers l’export comme l’économie allemande”, a dit Hans-Walter Peters. (Arno Schuetze; Marc Angrand pour le service français, édité par Blandine Hénault)

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