April 3, 2019 / 10:07 AM / 3 months ago

ENCADRE-Combattants étrangers et migrations au menu du G7 de l'Intérieur

* Divergences sur le retour de Syrie des djihadistes

* Mieux réguler les contenus terroristes en ligne

* Premier rendez-vous bilatéral entre Castaner et Salvini

PARIS, 3 avril (Reuters) - Les ministres de l’Intérieur du Groupe des sept (G7) se réunissent jeudi à Paris pour tenter de renouveler leurs engagements contre le terrorisme et l’immigration irrégulière, autant de sujets sur lesquels les divergences ne manquent pas.

A l’ordre du jour, l’état de la menace terroriste, la gestion des combattants étrangers, la question de la diffusion de contenus extrémistes sur internet, mais aussi la lutte contre les réseaux de passeurs de migrants et la criminalité environnementale.

Sur ces points, Christophe Castaner et ses homologues, l’Allemand Horst Seehofer, l’Italien Matteo Salvini, le Britannique Sajid Javid, l’Américaine Kirstjen Nielsen, le Canadien Ralph Goodale et le numéro deux du ministère de l’Intérieur japonais tenteront d’adopter des “engagements de Paris”, présentés lors d’une conférence de presse commune vendredi midi.

A l’approche du sommet des dirigeants du G7 à Biarritz, le 24 août, les questions de terrorisme figureront au premier plan des discussions ; un dîner de travail sur la gestion des combattants étrangers aura lieu jeudi, en présence de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Dans le sillage de la chute du dernier bastion de l’Etat islamique à Baghouz, dans l’est de la Syrie, les pays du G7 comptent tous (le Japon dans une moindre mesure) des combattants étrangers détenus par les forces kurdes ou irakiennes ou libres dans la zone irako-syrienne.

Au ministère français de l’Intérieur, on fait état de deux risques principaux en cas de déstabilisation de la région, sur fond d’annonce du retrait américain et de tension entre la Turquie et les Kurdes, Damas et les Kurdes : un risque de dispersion des combattants, assorti de leur retour désordonné vers leurs pays, ou un regroupement dans d’autres régions mal contrôlées comme le Sahel et le Yémen.

“Il s’agit de se coordonner pour prévenir ce risque”, souligne-t-on, à l’heure ou la France et les Etats-Unis prônent des approches opposées, un jugement sur place pour Paris, un retour des combattants et leur traduction devant leur justice natale pour Washington. Le Royaume-Uni, pour sa part, a prononcé plusieurs déchéances de nationalité.

Après le massacre de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et la diffusion en direct de la tuerie sur les réseaux sociaux, les ministres tenteront en outre de s’accorder sur des objectifs pour les plateformes : assurer un retrait rapide des contenus extrémistes et promouvoir des contenus alternatifs positifs, dit-on au ministère de l’Intérieur.

Google, Twitter, Facebook et Microsoft seront représentés lors de cette réunion qui verra s’opposer “approche collaborative” américaine et démarche législative contraignante côté allemand, français et britannique, souligne-t-on.

LE DIFFÉREND TRANSALPIN “SOLDÉ”

La réunion sera l’occasion d’une première rencontre bilatérale entre Christophe Castaner et son homologue italien Matteo Salvini, dans le sillage de la crise diplomatique ouverte entre les deux pays en février.

Dénonçant des “ingérences” dans la crise des “Gilets jaunes” des deux vice-présidents du Conseil italien - Luigi Di Maio et Matteo Salvini, Paris avait rappelé son ambassadeur à Rome pendant une dizaine de jours.

Au ministère de l’Intérieur, on assure qu’”il n’y a plus aujourd’hui de différend frontalier entre la France et l’Italie”, après la signature d’un accord bilatéral le 19 mars.

Le chef de la Ligue, instigateur de la fermeture des ports italiens l’été dernier, reprochait entre autres à la France de refouler les migrants qui arrivait à ses portes vers l’Italie.

“L’Italie et la France se sont mis d’accord, au niveau de leurs directeurs généraux de la police nationale, sur comment coopérer de façon concrète lorsque l’on fait des transferts, des réadmissions, des non-admissions à la frontière, à quel endroit dépose-t-on les personnes, qui récupère, sous quel délai, tout cela est désormais agréé”, précise-t-on.

En matière migratoire, deux invités, le ministre de l’Intérieur du Niger Mohamed Bazoum et celui du Burkina Faso Ousséni Compaoré, participeront à un dialogue sur la lutte contre les réseaux de passeurs et le trafic de migrants.

“Matteo Salvini cherchera sans doute à avoir le crédit de cette initiative (...). Mais il faut savoir que la diminution du flux migratoire (vers l’Europe, NDLR) est largement due à l’action entreprise par Union européenne pour appuyer les garde-côtes libyens qui désormais interceptent les bateaux qui partent, mais aussi l’action du ministre de l’Intérieur du Niger, Mohamed Bazoum, qui a bloqué la route en amont très largement”, souligne-t-on à l’Intérieur. (Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)

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