April 1, 2019 / 12:53 PM / 3 months ago

En Italie, déficit et dette vont monter en 2019 et 2020-OCDE

ROME, 1er avril (Reuters) - Les finances publiques de l’Italie vont se détériorer cette année et l’an prochain, ce qui se traduira par un creusement du déficit et un gonflement de la dette, a déclaré lundi l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

Dans une étude économique consacré à la péninsule, l’organisation internationale estime que le déficit public atteindra 2,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année, soit un demi-point de plus que prévu officiellement par Rome.

Le PIB devrait parallèlement se contracter de 0,2%, ajoute-t-elle, confirmant sa prévision du mois dernier, avant de croître de 0,5% en 2020.

Pour l’organisation basée à Paris, l’incertitude politique et la hausse des coûts de financement de l’Etat vont occulter l’impact des politiques expansionnistes mises en oeuvre par le gouvernement de coalition formé par la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S).

L’étude souligne que le PIB par habitant de l’Italie ajusté de l’inflation est inférieur aujourd’hui à son niveau de 2000, un cas unique parmi les 36 pays membres de l’OCDE.

Le rapport de 153 pages table aussi sur une remontée du taux de chômage à 12,0% cette année après 10,6% en 2018.

“La raréfaction des opportunités d’emploi pousse beaucoup de jeunes à émigrer, amplifiant le vieillissement déjà rapide de la population italienne et privant le pays d’énergie, de talent et d’esprit d’entreprise”, ajoute-t-il.

Le déficit budgétaire devrait continuer d’augmenter en 2020 pour atteindre 3% du PIB, l’OCDE, qui prend pour hypothèse que le gouvernement ne remontera pas les taux de TVA.

Dans ces conditions, la dette publique italienne inscrirait un record cette année à 133,8% du PIB et monterait encore en 2020, à 134,8%. Le gouvernement table au contraire sur un réduction du poids de la dette, de 132,1% en 2018 à 130,7% cette année et 129,2% en 2020.

L’OCDE met aussi en garde Rome contre les risques liés à la mise en place du nouveau revenu de citoyenneté (Reddito di Cittadinanza). Si elle admet qu’il vise “à juste titre” à aider les plus démunis, elle estime qu’il pourrait “affaiblir les incitations au travail”.

“Le niveau élevé du revenu de citoyenneté, par rapport aux prestations comparables existant dans d’autres pays de l’OCDE, pourrait dissuader les personnes de chercher un emploi dans le secteur formel, en particulier dans les régions où les salaires sont plus bas”, explique-t-elle en proposant un système de prestations lié à l’exercice d’un emploi et une révision à la baisse du revenu de citoyenneté.

Gavin Jones; Marc Angrand pour le service français

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