March 12, 2019 / 4:08 PM / in a month

La CE veut rééquilibrer les relations économiques avec Pékin

BRUXELLES, 12 mars (Reuters) - La Commission européenne a présenté mardi un plan en 10 points pour des relations économiques plus équilibrées avec la Chine, qui prévoit notamment de résister aux visées des grands groupes publics chinois et de renforcer la vigilance face aux menaces de cyberattaques.

Cette initiative, qui marque un durcissement de l’attitude de l’Union européenne face à son principal partenaire commercial, sera soumise aux dirigeants européens lors de leur prochain Conseil européen à Bruxelles les 21 et 22 mars, avant la tenue le 9 avril d’un sommet UE-Chine.

L’exécutif européen prône une plus grande coopération avec la Chine dans des domaines comme le changement climatique et la paix mais demande davantage de réciprocité dans les échanges économiques et, pour défendre l’industrie, réclame la mise en œuvre rapide d’un filtrage des investissements directs étrangers.

L’Union européenne partage bon nombre des griefs des Etats-Unis contre les distorsions de marché, les surcapacités et les transferts de technologie reprochés à la Chine, mais elle s’est gardée de prendre position dans la guerre commerciale qui oppose Washington et Pékin.

L’Europe a parallèlement été échaudée par la lenteur de l’ouverture de l’économie chinoise, la multiplication d’acquisitions chinoises dans des secteurs stratégiques européens mais aussi par les pressions américaines visant certaines firmes chinoises, notamment l’équipementier télécoms Huawei, que Washington accuse d’espionner pour le compte de Pékin.

“L’UE et la Chine sont dans le même temps des partenaires économiques stratégiques et des concurrents. Nous pouvons retirer d’énormes avantages économiques mutuels de nos relations économiques si la concurrence est loyale et si les échanges commerciaux et les investissements sont réciproques”, a déclaré dans un communiqué Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité.

A défaut, a-t-il ajouté, l’Europe devra protéger son économie de marché contre d’éventuelles distorsions.

Si le plan est avalisé par les dirigeants européens, l’UE exhortera la Chine à accepter une réforme des règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), portant notamment sur les subventions et les transferts de technologie forcés, et à conclure d’ici 2020 des accords bilatéraux sur les investissements.

La Commission souhaite aussi relancer sa proposition antérieure d’un “instrument international sur les marchés publics” exigeant des pays étrangers qu’ils ouvrent leurs marchés publics en échange d’un accès à l’Europe.

Elle veut obliger les entreprises chinoises qui participent à des appels d’offres publics dans l’UE à répondre à des critères sociaux et environnementaux élevés et entend durcir la législation européenne pour limiter l’influence des entreprises chinoises publiques ou subventionnées sur le marché européen.

Elle demande enfin aux pays de l’UE d’adopter une approche commune sur la question de la sécurité des futurs réseaux de 5G.

La Chine est la principale source des importations de l’UE et le deuxième débouché de ses exportations après les Etats-Unis. En 2017, le déficit des échanges de l’UE avec la Chine a atteint 177,7 milliards d’euros. (Véronique Tison pour le service français, édité par Eric Faye)

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