January 23, 2019 / 3:36 PM / 6 months ago

ASML ne voit pas la demande chinoise en semi-conducteurs faiblir

VELDHOVEN, Pays-Bas, 23 janvier (Reuters) - La demande chinoise en matière d’équipements pour les semi-conducteurs n’a pas faibli, en dépit du ralentissement de la croissance du pays et de la guerre commerciale entre Pékin et Washington, a déclaré mercredi à Reuters le directeur général du groupe néerlandais ASML.

“Nous avions réalisé un chiffre d’affaires d’environ 1,7 milliard (d’euros) en Chine l’an dernier et cette année sera à peu près aussi solide”, a dit Peter Wennink.

“C’est une tendance qui perdurera. Ils ne s’arrêteront pas, les Chinois ne reculeront pas, et le fournisseur que nous sommes poursuivra ses livraisons”, a-t-il ajouté. “L’industrie chinoise des semi-conducteurs n’en est qu’à ses débuts.”

Peter Wennink a prédit que le marché chinois se développerait dans les années à venir, le pays s’étant fixé comme objectif prioritaire de devenir plus autonome dans le secteur des semi-conducteurs.

Alors que la Chine traite plus de la moitié des puces informatiques du monde, les assemble et les insère dans des appareils tels que les téléphones portables, sa part dans leur fabrication reste faible comparée à celle de la Corée du Sud et de Taiwan.

“Leurs importations de puces sont plus élevées que celles de pétrole”, a dit le patron d’ASML.

Le groupe néerlandais, spécialiste des systèmes de lithographie EUV (Extreme ultraviolet, par rayonnement ultraviolet extrême), a déclaré auparavant mercredi que certains clients repoussaient leurs commandes en raison de la faiblesse du marché des mémoires.

Les systèmes de gravure d’ASML sont utilisés notamment par Intel, Samsung et TSMC.

CHAÎNE DE PRODUCTION MONDIALE

Peter Wennink a relevé que les fabricants chinois voulaient produire des volumes élevés de puces de haute performance mais que cela relevait encore davantage de l’ambition que de la réalité.

Il a ajouté qu’aucune entreprise en Chine n’avait encore installé l’une des machines EUV les plus avancées d’ASML, qui valent environ 100 millions d’euros chacune.

La technologie EUV permet de graver des plaquettes de silicium pour réaliser des puces constituées de centaines de couches d’une précision extrême.

“(...) Les Chinois ont passé commande pour une machine EUV”, a indiqué Peter Wennink, faisant référence à un client dont il n’a pas révélé l’identité. Les professionnels du secteur s’accordent à penser qu’il s’agit de Smic (Semiconductor Manufacturing International Corporation), entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs basée à Shanghai.

Un certain nombre de fabricants de puces chinois tentent de porter leur production à des niveaux commercialement viables, a-t-il poursuivi.

“Cela va commencer à s’accélérer à partir de 2020”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’ASML devait être présent “maintenant” pour lancer le processus de livraison et d’installation de ses machines, qui constituent l’un des plus gros équipements dans ce type d’usine.

Peter Wennink a également relevé que la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis n’avait pas eu d’impact à ce stade sur le groupe néerlandais, tout en se disant préoccupé par une éventuelle montée des tensions.

Il a insisté sur le caractère mondial de la chaîne de production de semi-conducteurs et a souligné que ses chaînes d’approvisionnement et ses clients finaux, les groupes d’appareils électroniques, étaient situés dans toutes les régions d’Europe, aux Etats-Unis et en Asie. (Toby Sterling Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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