January 22, 2019 / 11:04 PM / 5 months ago

Des substances à risque dans les couches pour bébé, Paris demande des mesures

PARIS, 23 janvier (Reuters) - Le gouvernement français appelle mercredi les fabricants et distributeurs de couches pour bébé jetables à prendre des mesures sous 15 jours afin d’éliminer ou réduire les substances chimiques potentiellement dangereuses dans ces produits.

Dans un rapport rendu public ce mercredi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) relève “la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés”.

L’Anses a identifié une soixantaine de substances chimiques à risque, singulièrement des pesticides interdits dans de nombreux pays dont la France (lindane, quintozène..) et du glyphosate, l’herbicide controversé de Monsanto.

Elle alerte également sur la présence problématique de substances parfumantes, comme le butylphényl, de dioxines ou d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), qui se caractérisent par une forte toxicité.

Parmi ces composants, certains sont considérés comme des produits cancérogènes ou des perturbateurs endocriniens.

L’agence conclut qu’”il n’est pas possible d’exclure un risque sanitaire”.

Elle recommande en conséquence l’élimination ou la limitation autant que possible des substances préoccupantes identifiées, leur contrôle sur le marché et un cadre réglementaire plus strict.

23 RÉFÉRENCES DE COUCHES TESTÉES

L’Anses avait été saisie en janvier 2017 par la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) à la suite d’une enquête de l’association 60 millions de consommateurs.

Au total, 23 références de couches jetables ont été testées.

Les fabricants et distributeurs sont convoqués mercredi à 08h00 par le gouvernement, annoncent dans un communiqué commun la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, et le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire.

Ils seront de nouveau convoqués dans quinze jours pour une évaluation des engagements et mesures consentis.

“L’Anses ne met pas en évidence de danger grave et immédiat mais révèle que certaines substances chimiques sont présentes dans des quantités qui ne permettent pas d’exclure un risque sanitaire lié au port de couches”, soulignent les ministres pour justifier leur décision de mettre en oeuvre sans délai les recommandations de l’agence.

Les ministres, indique le communiqué, “exigent des fabricants et des distributeurs qu’ils prennent avant 15 jours des engagements pour éliminer ces substances des couches pour bébé.”

Ils demandent aux industriels de réévaluer “l’usage de certaines substances ajoutées intentionnellement”, de mieux contrôler “la qualité des matières premières utilisées” et de modifier “les procédés de fabrication susceptibles d’être à l’origine de la formation de certaines substances.”

La DGCCRF renforce dès à présent ses contrôles et dressera un bilan dans six mois, précisent les ministres. (Sophie Louet)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below