January 21, 2019 / 4:26 PM / a month ago

Licenciements et consolidation dans la gestion d'actifs

* BlackRock et State Street licencient

* Des milliards de dollars retirés de FCP en 2018

* La gestion des coûts pourrait entraîner une consolidation

par Simon Jessop, Trevor Hunnicutt et Saikat Chatterjee

LONDRES/NEW YORK, 21 janvier (Reuters) - Les remous des marchés financiers pourraient bien se traduire par des licenciements en nombre et par une multiplication des acquisitions dans le secteur de la gestion d’actifs.

BlackRock, le leader mondial, et State Street , le numéro 3, ont annoncé des suppressions d’emplois ce mois-ci à l’issue de la pire année qu’ait connu bon nombre d’indices boursiers depuis la crise financière et de pertes accumulées sur la plupart des autres actifs financiers.

Les fonds spéculatifs AQR Capital et Balyasny Capital ont pris des mesures identiques.

“Ce sera la norme dans ce secteur”, a dit Kyle Sanders, analyste de la société de services financiers Edward Jones. “Quand les marchés battent de l’aile, la première chose que les gérants examinent pour réduire les coûts, c’est le personnel”.

Jusqu’en 2018, les gérants avaient pleinement profité de marchés en pleine forme, dopés par de l’argent de banque centrale coulant à flot. Nombre d’entre eux réalisaient des marges de 20% à 40% même si les commissions diminuaient.

Pour une version interactive du graphique ci-dessous, cliquer ici here:

Le resserrement des politiques monétaires et les craintes engendrées par l’évolution de la croissance économique mondiale ont abouti à une décollecte de 168,1 milliards de dollars (148 milliards d’euros) auprès des fonds communs de placement dans le monde entier au dernier trimestre 2018, montrent des données de Refinitiv.

Pour une version interactive du graphique ci-dessous, cliquer ici tmsnrt.rs/2U7XAzF :

Des flux d’investissement sont revenus sur les actions au début janvier mais il serait prématuré de dire que le mouvement sera durable. Dans l’intervalle, sans l’appui de marchés performants pour dynamiser leurs actifs sous gestion, les revenus des gérants, essentiellement une commission prélevée sur les actifs en question, vont souffrir.

BlackRock a annoncé un bénéfice du quatrième trimestre inférieur aux attentes et les analystes pensent que les résultats du quatrième trimestre des gérants d’actifs et établissements de conservation de titres (custody) figurant dans l’indice S&P-500 auront baissé de 0,8% en moyenne. Début octobre, ils anticipaient une hausse de 10,3% des résultats en question, montrent des données de Refinitiv.

“Les anticipations de croissance des revenus étant revues à la baisse, il n’est pas étonnant que des sociétés telles qu’AQR et BlackRock changent de priorité”, observe Neal Epstein (Moody’s Investors Service).

BlackRock, State Street et Balyasny Capital se sont abstenus de tout commentaire.

Claudia Gray, une porte-parole d’AQR Capital, a dit que les effectifs du gérant avaient connu une croissance sans précédent ces trois dernières années.

“Les réductions petites et récentes de la masse salariale attestent de la nécessité d’ajuster la croissance de nos effectifs aux besoins de l’entreprise”, a-t-elle dit.

CONSOLIDATION

Si la volatilité des marchés pousse davantage d’investisseurs à retirer leur argent, la concurrence déjà âpre que subissent les gérants ne va aller qu’en s’accentuant, en particulier de la part de produits indiciels moins chers qui ont provoqué une baisse généralisée des commissions.

Une réglementation devenue plus rigoureuse et les investissements technologiques ont également gonflé les coûts, les gérants continuant d’embaucher des experts de la réglementation et des données.

Même si BlackRock compte supprimer 3% de ses effectifs, le gérant a dit que ses effectifs seraient en hausse de 4% cette année car il embauche dans d’autres domaines, dont la technologie.

Les pressions pour réduire les coûts sont particulièrement lourdes sur les gérants d’actifs plus petits qui n’ont pas la carrure suffisante pour concurrencer sur les prix des géants tels que BlackRock, qui gère près de 6.000 milliards de dollars d’actifs.

Ces intervenants devront aller au-delà des licenciements pour s’y retrouver, peut-être en s’alliant à des concurrents plus gros, ce qui viendrait nourrir une tendance que l’on observe depuis quelques années.

Une baisse de 10% des actifs sous gestion pourrait aboutir à une réduction des marges de 700 à 1.000 points de base, ce qui “serait à coup sûr un moteur de la consolidation”, dit Mike Werner, analyste d’UBS.

Un total de 915 rapprochements dans le monde, d’une valeur globale de 50 milliards de dollars, ont été scellés l’an passé, soit deux tiers de valeur de plus qu’en 2017, suivant des données de Refinitiv.

Pour une version interactive du graphique ci-dessous, cliquer ici tmsnrt.rs/2W9s6Ln :

Cette tendance doit s’accélérer, surtout en Europe, où les cours des gérants d’actifs cotés ont bien souffert et où les banquiers et les assureurs, qui avaient gardé leur pôle de gestion d’actifs durant la crise, pourraient être davantage tentés de vendre.

“Dans la mesure où la valeur (...) décline, des vendeurs en puissance seraient peut-être plus enclins à faire affaire, accroissant encore la consolidation”, dit Christian Edelmann, du consultant Oliver Wyman.

L’indice mondial des gérants de fonds de Thomson Reuters a chuté de 27% en 2018, avec des rétrogradages de 40% pour Standard Life Aberdeen, de 35% pour Amundi et de 39% pour l’italien Anima.

A titre de comparaison, l’indice mondial de MSCI a perdu 10,4% dans le même temps.

Avec Ritvik Carvalho Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Blandine Hénault

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