January 17, 2019 / 3:05 PM / in 6 months

RPT-GESTION-Natixis WM prudente pour les publications de résultats du T4

(Bien lire T4)

PARIS, 17 janvier (Reuters) - Les publications de résultats d’entreprises pour le quatrième trimestre 2018, qui viennent tout juste de démarrer aux Etats-Unis, devraient faire ressortir des discours plus prudents des dirigeants, ce qui appelle à un positionnement plus neutre sur les marchés d’actions, estiment les gérants de Natixis Wealth Management.

A l’instar de l’avertissement d’Apple en début d’année, le ralentissement de l’économie chinoise et la guerre commerciale seront “certainement prétexte à des discours d’entreprises plus conservateurs”, a expliqué jeudi Stephen Ausseur, directeur adjoint des investissements lors d’un déjeuner de presse.

“Il y a par ailleurs un effet calendaire tous les premiers trimestres, où l’on a plus de sociétés qui révisent leurs prévisions à la baisse qu’à la hausse. Cela s’explique par l’établissement du consensus aux Etats-Unis avec des entreprises qui sont traditionnellement prudentes avec l’idée derrière de surprendre à la hausse”, ajoute-t-il.

Cette saison de résultats trimestriels, qui a débuté avec les annonces des grandes banques américaines, appelle donc à plus de prudence sur les marchés d’actions dans les prochaines semaines.

“Contrairement à l’an dernier, où nous étions globalement ‘neutre’ sur les actions et avions tendance à nous surexposer au moment des publications de résultats, nous débutons l’année 2019 en étant surexposés aux actions mais nous avons envie de revenir à ‘neutre’ avant les publications de résultats”, a indiqué Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements de la société de gestion d’actifs.

L’exposition de Natixis WM aux actions est actuellement de 54% dans le cadre d’un portefeuille équilibré, la société ayant renforcé ses positions en fin d’année dernière pour jouer - “un peu trop tôt” - un rebond.

Elle devrait revenir à un positionnement plus neutre autour du 23-24 janvier, a indiqué Jean-Jacques Friedman.

RÉVISION DU CONSENSUS

En dépit de la récente révision à la baisse des estimations de résultats des analystes, le consensus pour 2019 est encore trop élevé, notamment en Europe, prévient le gérant.

En Europe, le consensus attend une croissance de 9% des BPA cette année, là où les gérants de Natixis WM tablent sur une hausse de 4% pour les sociétés de l’EuroStoxx.

Or les niveaux de valorisation des indices boursiers européens font ressortir une croissance nulle des BPA cette année. “Sur les niveaux actuels, il y a donc un rattrapage tactique de 4% à 5% à jouer à court terme sur le marché européen”, observe Jean-Jacques Friedman, tout en prévenant qu’une partie de ce rattrapage a déjà été réalisé.

Pour les gérants de Natixis WM, les niveaux de multiples de valorisation devraient rester dans une marge étroite cette année en dépit d’une volatilité assez forte.

“On entre dans une phase où, avec la pression populaire, la question du partage de la richesse va se poser de plus en plus et nous estimons que l’on devrait connaître un environnement de taux bas avec des niveaux de valorisation sur les marchés d’actions qui restent bas également”, a expliqué Jean-Jacques Friedman.

PAS DE SIGNES DE RÉCESSION

Concernant la question “centrale” des marchés en ce moment, à savoir le calendrier d’une éventuelle entrée en récession des Etats-Unis, les gérants de Natixis WM se veulent rassurants.

Il soulignent que les indicateurs classiques ne montrent pas l’arrivée prochaine d’une récession économique outre-Atlantique.

Le pic de marges des entreprises, signe avant-coureur d’une contraction à venir de l’économie, n’a jamais été atteint sans que la croissance des salaires ne dépasse 4% en glissement annuel, fait valoir Stephen Ausseur.

“Or la croissance des salaires est actuellement autour de 3,2%, ce qui laisse encore un peu de temps”, glisse-t-il.

Il estime par ailleurs que la courbe des taux, sur laquelle une inversion est considérée comme un autre signe précurseur de récession, devrait se “repentifier” à court terme avec la remonté des taux longs.

Pour le gérant, la “juste valeur” du rendement des Treasuries à dix ans est à 3,2% alors qu’il évolue actuellement à 2,73% en raison de l’aversion au risque et de l’effet de la chute des cours du pétrole sur les anticipations d’inflation.

Autre signe jugé inquiétant pour l’économie américaine, l’écartement des spreads de crédit sur la catégorie à haut rendement aux Etats-Unis est à relativiser.

“Les écarts sur le crédit ‘high yield’ ne sont pas à des niveaux historiques et ils sont en outre déformés par la prépondérance des producteurs de gaz de schiste qui les rend très corrélés à l’évolution des prix du pétrole”, explique Stephen Ausseur, qui rappelle que plusieurs faux signaux ont eu lieu historiquement, comme en 2011 ou en 2015-2016. (Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below