January 10, 2019 / 9:12 PM / 2 months ago

LEAD 1-Trump au Texas pour exiger les fonds nécessaires à son mur frontalier

(Actualisé avec visite au Texas)

par Patricia Zengerle et Steve Holland

MACALLEN, Texas, 10 janvier (Reuters) - Donald Trump s’est à nouveau dit en droit de décréter l’état d’urgence pour s’affranchir de l’aval du Congrès et obtenir le déblocage des fonds nécessaires à l’édification du mur qu’il a promis à la frontière mexicaine.

Le président des Etats-Unis s’est rendu jeudi à McAllen, localité frontalière du Texas, afin de démontrer le bien fondé de ses exigences. Il était accompagné de familles endeuillées par des crimes imputés à des immigrés clandestins et de gardes-frontières qui ne perçoivent plus de salaire en raison du bras de fer budgétaire avec le Capitol, qui a privé un quart des services publics de leurs budget.

“Sans cette barrière, une barrière très importante quelle qu’en soit la forme, on ne pourra résoudre ce problème”, a-t-il déclaré à la presse, en désignant des saisies d’héroïne, d’armes à feu et un sac plein d’argent liquide.

La veille, le président avait mis fin de façon abrupte à une nouvelle rencontre avec les chefs de files du Parti démocrate, désormais majoritaire à la Chambre des représentants.

Avant de se rendre au Texas, il a réaffirmé avoir “absolument le droit de déclarer l’état d’urgence”. “Je ne suis pas prêt à le faire pour l’instant, mais je le ferai s’il le faut. Si on ne trouve pas une solution, je vais probablement le faire.”.

Donald Trump réclame 5,7 milliards de dollars pour le financement d’une barrière en métal - et non plus du mur en béton qu’il a promis lors de la campagne présidentielle - afin de résoudre ce qu’il qualifie de crise sécuritaire et humanitaire à la frontière sud des Etats-Unis.

N’ayant pu obtenir satisfaction, le président a décidé de ne pas ratifier plusieurs budgets fédéraux, ce qui a provoqué la paralysie d’environ 25% des services administratifs. La situation dure depuis le 22 décembre.

Ce “shutdown” deviendra vendredi le plus long de l’histoire des Etats-Unis, à égalité avec celui de 1995 qui avait duré 21 jours lors du premier mandat de Bill Clinton.

Si Donald Trump a recours à l’état d’urgence, il est probable qu’il décide d’affecter certains crédits alloués au département de la Défense à la construction de la barrière frontalière.

Une telle initiative risque d’entraîner un recours constitutionnel des démocrates, ce déplacerait le bras de fer sur le terrain judiciaire et mettrait fin au “shutdown”. (Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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