January 11, 2019 / 1:11 PM / in 4 months

POINT HEBDO-Le rebond des marchés à l'épreuve des résultats

* L’accès de pessimisme de décembre corrigé à la hausse

* Les valorisations des actions ont nettement baissé

* Mais les investisseurs veulent du concret

* Les banques US en levée de rideau des publications de résultats

* Le vote sur le Brexit, rendez-vous clé de la semaine

par Marc Angrand

PARIS, 11 janvier (Reuters) - Après un mois de décembre douloureux et l’euphorie des premiers jours de janvier, les investisseurs s’apprêtent à soumettre leurs convictions de début d’année à une série de tests délicats, au risque de devoir en remettre en cause certaines.

Le quatrième trimestre 2018, et a fortiori le mois de décembre, a en effet concentré tous les grands enjeux actuels pour les marchés: les tensions commerciales, les craintes de récession aux Etats-Unis et d’atterrissage économique brutal en Chine, les doutes sur la poursuite du resserrement monétaire aux Etats-Unis et les incertitudes sur le Brexit.

L’impact de ces différents facteurs sur les chiffres d’affaires et les bénéfices des entreprises sera donc étudié avec attention, notamment pour justifier ou pas les valorisations, que la correction de fin d’année a ramenées à des niveaux inférieurs aux moyennes de long terme.

Vendredi, l’indice Standard & Poor’s 500 se dirigeait vers sa troisième hausse hebdomadaire d’affilée; il a repris 10% depuis Noël après une chute de près de 20% en moins de trois mois.

Comme à l’habitude, aux Etats-Unis, ce sont les poids lourds du secteur financier qui ouvriront le bal des publications de résultats, de Citigroup à Wells Fargo en passant par JPMorgan Chase, Goldman Sachs et Bank of America.

Les bénéfices de l’indice Standard & Poor’s 500 américain sont attendus en hausse de 14,8% sur un an au quatrième trimestre 2018 selon le consensus I/B/E/S Refinitiv, et de 12,7% en excluant le secteur de l’énergie, dans lequel les profits devraient avoir plus que doublé.

MAUVAISES SURPRISES

Si la perspective d’une croissance à deux chiffres semble solide, ces estimations ont été revues en baisse ces dernières semaines et ce sont les mauvaises surprises qui risquent d’animer la saison des publications trimestrielles.

Après l’avertissement spectaculaire d’Apple, les derniers jours ont en effet été animés par des annonces peu encourageantes, de la révision à la baisse des prévisions de Delta Air Lines au “warning” du distributeur Macy’s au point sur l’activité morose de Richemont en passant par les réductions d’effectifs chez Ford ou Jaguar Land Rover.

En Europe, la croissances des profits devrait avoir été plus modeste qu’aux Etats-Unis: le consensus table sur une hausse de 7,1% pour le Stoxx 600 par rapport aux trois derniers mois de 2017, et de 5% seulement hors énergie.

Pour autant, notent de nombreux analystes et stratèges, les perspectives pour les mois à venir pourraient bénéficier de la baisse de l’euro, un facteur positif pour les ventes et la rentabilité.

“Aujourd’hui, l’euro-dollar est à peu près 10% inférieur à ce qu’il était il y a un an et ça laisse penser que dans l’univers de valeurs que nous gérons en Europe, il peut y avoir de bonnes surprises qui viennent des effets de change”, explique ainsi François-Xavier Chauchat, membre du comité d’investissement de Dorval Asset Management.

SUR LE COMMERCE AUSSI, LES RÉSULTATS SE FONT ATTENDRE

Sur le front macroéconomique et politique aussi, l’optimisme a retrouvé une place ces derniers jours, principalement grâce au discours jugé rassurant des dirigeants de la Réserve fédérale, qui ne manquent pas une occasion de promettre aux marchés patience et souplesse en matière de politique monétaire.

Le Livre beige de la Fed attendu mercredi, à deux semaines de sa prochaine réunion de politique monétaire, alimentera sans doute les débats sur l’opportunité d’une pause dans la hausse des taux.

D’autant que la poursuite du “shutdown”, la fermeture partielle des administrations fédérales faute d’accord politique sur le budget, qui s’apprête à devenir le plus long de l’histoire des Etats-Unis risque de peser sur l’activité.

Le dossier de la guerre commerciale reste lui aussi une source d’incertitude. Si les trois jours de discussions à Pékin entre hauts responsables chinois et américains ont entretenu l’espoir d’un compromis, l’absence de débouché concret n’a fait que souligner la complexité de l’enjeu.

Et en attendant, les signes de ralentissement conjoncturel se multiplient, de la Chine aux Etats-Unis en passant par la zone euro, où l’on évoque désormais le risque d’une récession technique en Allemagne avec le coup de frein brutal subi par l’industrie fin 2018.

LE FLOU DU BREXIT PEUT-IL SE DISSIPER ?

“Ce qui a changé depuis la mi-décembre, c’est que les preuves du ralentissement global du secteur manufacturier sont désormais sans ambiguïté”, résument les analystes crédit de BNP Paribas CIB, qui soulignent entre autres la chute de plus de cinq points de l’indice ISM manufacturier américain, sa plus forte baisse depuis 2008.

Côté chinois, les chiffres de la balance commerciale attendus lundi permettront de mesurer l’impact de la montée des barrières douanières, une semaine avant les chiffres du produit intérieur brut (PIB).

Mais le résultat le plus attendu et le plus incertain de la semaine à venir est sans doute celui du vote prévu mardi soir la Chambre des communes britannique sur le Brexit.

Les revers subis ces derniers jours par la Première ministre lors de votes sur la procédure augurent mal de sa capacité à réunir les 320 voix nécessaires pour valider le texte. Et le Parti travailliste réclame désormais de nouvelles élections législatives en cas de rejet, tandis que certains évoquent désormais l’hypothèse d’un report pur et simple de la sortie de l’Union européenne prévue le 29 mars.

Pour les marchés, l’enjeu de cet imbroglio se mesure désormais en terme de probabilité des différents scénarios (validation de l’accord ou Brexit “dur”, principalement), avec des impacts économiques et monétaires très difficiles à évaluer sur l’activité.

“Le risque d’un Brexit sans accord a augmenté et il nous semble juste de dire que cela n’est pas complètement intégré dans les prévisions des économistes en matière de croissance en 2019”, prévient ainsi Nomura.

Voir aussi:

*LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et stratèges

Edité par Blandine Hénault

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