January 6, 2019 / 11:21 AM / 3 months ago

Renault: Bruno Le Maire réclame des comptes sur des versements

PARIS, 6 janvier (Reuters) - Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé dimanche avoir demandé à la direction de Renault de s’expliquer sur des rémunérations qui auraient été versées à de hauts cadres de l’entreprise à travers la holding néerlandaise RNBV.

La CGT, qui a averti le ministre de l’existence de ces versements, a dénoncé à la fin du mois dernier le manque de transparence du constructeur automobile et demandé au gouvernement d’intervenir.

“J’ai reçu il y a quelques jours le secrétaire général de la CGT, je lui ai dit que j’avais écrit à la direction de Renault pour lui demander tous les éléments d’information et de transparence sur ces rémunérations”, a dit Bruno Le Maire au Grand Rendez-vous d’Europe 1, CNews et les Echos.

“Je veux savoir à qui ces rémunérations ont été versées, si elles ont bien été déclarées, si elles correspondent à un service rendu, et donc si (...) le conseil d’administration de Renault et les actionnaires de Renault ont bien été informés de ces rémunérations”, a-t-il ajouté.

“Vous voyez que nous suivons ce sujet au jour le jour, avec un souci principal: la pérennité de l’alliance (Renault-Nissan) et la solidité de Renault”, a-t-il poursuivi.

Il précise avoir envoyé une lettre à la direction du constructeur automobile vendredi par l’intermédiaire du représentant de l’Etat au conseil d’administration de l’entreprise, Martin Vial.

UNE GOUVERNANCE “PROVISOIRE”

Reuters avait révélé mi-décembre que des dirigeants de l’alliance entre Renault et Nissan, dont l’actuelle secrétaire générale du conseil d’administration de Renault Mouna Sepehri, avaient travaillé en 2010 sur un plan avorté visant à verser au PDG Carlos Ghosn une partie de ses rémunérations dues au titre de ses fonctions chez Nissan par le biais de la holding néerlandaise.

Carlos Ghosn, arrêté le 19 novembre en raison d’accusations de malversations financières, a été inculpé au Japon pour avoir minoré de près de moitié entre 2010 et 2015 ses revenus chez Nissan, dont il était alors président.

Ses conditions d’incarcération sont particulièrement difficiles, selon son fils, qui a accordé une interview au Journal du Dimanche.

Le conseil d’administration de Renault a décidé le 13 décembre de maintenir Carlos Ghosn dans ses fonctions de PDG du constructeur français, n’ayant relevé aucune anomalie sur ses revenus en France.

Selon Bruno Le Maire, la gouvernance qui a été mise en place “fonctionne” mais “elle n’a pas vocation a être éternelle”. “C’est une gouvernance qui est provisoire”, a-t-il ajouté. “Si M. Ghosn devait être durablement empêché, (...) nous en tirerions les conséquences. Mais nous n’en sommes pas là aujourd’hui.” (Caroline Pailliez, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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