December 24, 2018 / 8:45 AM / in 5 months

LEAD 1-La justice birmane examine le recours en appel des journalistes de Reuters

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RANGOUN, 24 décembre (Reuters) - La justice birmane a examiné lundi le recours en appel des deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison en Birmanie pour violation de la législation birmane sur les secrets d’Etat.

Les deux journalistes birmans, Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été condamnés en septembre pour détention de secrets d’Etat alors qu’ils enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas (musulmans apatrides) au cours d’une opération de l’armée menée voici un peu plus d’un an dans l’ouest de la Birmanie.

Les avocats des journalistes ont fait appel de leur condamnation, dénonçant un coup monté par la police mais aussi des vices de forme et l’incapacité de l’accusation à prouver les éléments clés du délit.

Pendant une heure, ils ont développé leurs arguments devant une cour d’appel de Rangoun avant que la séance ne soit ajournée. Aucune date n’a été fixée pour la suite de la procédure.

“Nous allons démontrer à la Haute Cour de justice birmane pourquoi elle devrait annuler les condamnations de Wa Lone et Kyaw Soe Oo, en raison des erreurs flagrantes commisses par le tribunal en les condamnant à sept ans de prison”, avait déclaré le directeur des rédactions de l’agence Reuters, Stephen J. Adler, dans un communiqué diffusé dans la nuit de dimanche à lundi.

“Nous allons expliquer au juge d’appel pourquoi, en vertu de la loi, la seule issue possible est que la cour d’appel rende la liberté à nos journalistes et réaffirme les principes démocratiques de la Birmanie”, ajoute-t-il.

Le représentant du gouvernement a affirmé pour sa part que les preuves réunies par les enquêteurs avaient établi que les deux journalistes avaient bien obtenu et conservé des documents confidentiels et, a-t-il ajouté, qu’”ils avaient l’intention de nuire à la sécurité et aux intérêts de la nation”.

Wa Lone et de Kyaw Soe Oo, incarcérés depuis décembre 2017, n’étaient pas présents à l’audience, à laquelle ont assisté une partie de leurs familles ainsi que des diplomates représentant les Etats-Unis, l’Union européenne, la Grande-Bretagne et les Nations unies.

Leur arrestation et leur condamnation ont suscité des interrogations sur les progrès réalisés en Birmanie sur la voie de la démocratie et provoqué un tollé parmi des diplomates et des militants des droits de l’homme.

En septembre, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, qui fut pendant des années l’icône de la lutte contre la junte militaire, a déclaré que leur incarcération n’avait rien à voir avec la liberté d’expression et qu’ils n’avaient pas été condamnés en leur qualité de journalistes. (Shoon Naing et Simon Lewis Arthur Connan et Henri-Pierre André pour le service français)

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