December 21, 2018 / 10:13 AM / a month ago

LEAD 1-France-La croissance du 3e trimestre revue en baisse à 0,3%

    * L'accélération du T3 moindre que prévu initialement
    * Frein supplémentaire avant un T4 pénalisé par les "Gilets jaunes"

 (Actualisé avec précisions supplémentaires § 4, 8 et 11-18)
    PARIS, 21 décembre (Reuters) - La croissance de l'économie française au troisième trimestre
a été revue en baisse, signe supplémentaire d'un tassement durable de la croissance alors que
les premiers indicateurs disponibles pour la fin de l'année confirment l'impact non négligeable
du mouvement des "Gilets jaunes". 
    Selon les données publiées vendredi par l'Insee, la croissance du produit intérieur brut
(PIB) au troisième trimestre a accéléré moins que prévu, sa progression étant limitée à 0,3%,
soit 0,1 point de moins qu'annoncé précédemment.
    Ce rythme, bien que revu en baisse, marque une très légère accélération par rapport à la
cadence de 0,2% observée au premier et au deuxième trimestres, mais cette reprise ne devrait
être que temporaire avant une fin d'année pénalisée par les répercussions du mouvement des
"Gilets jaunes".
    Ce contexte social agité a d'ores et déjà pesé sur la consommation des ménages en biens, qui
a rechuté en novembre (avec une baisse de 0,3% après un bond de 0,9% en octobre) ainsi que sur
le climat des affaires, tombé en décembre à un plus bas depuis deux ans.

    Comme dans les précédentes estimations, l'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année
2018, à savoir l'évolution du produit intérieur brut (PIB) si l'activité stagnait complètement
au cours des trois derniers mois de l'année, s'établit à 1,5%.
    A ce niveau, le scénario d'une progression de 1,7% du PIB retenu par le gouvernement pour
l'année en cours est largement compromis, puisqu'il nécessiterait, selon les calculs de Reuters,
une progression de 0,8% du PIB au quatrième trimestre pour se réaliser.
    L'Insee comme la Banque de France tablent sur une croissance de l'ordre de 0,2% au quatrième
trimestre et s'attendent à ce que la croissance pour l'ensemble de l'année plafonne à 1,5%,
après une année 2017 exceptionnelle, marquée par un bond de 2,3% du PIB.

    Et ce tassement pèse d'ores et déjà pour les perspectives pour 2019. "La révision à la
baisse des chiffres du PIB du T3 en France donne une croissance de 1,5% en 2018 et, en reprenant
le scénario de l'Insee dans sa note de conjoncture, (...) on arrive à 1,2% pour 2019", estime
Philippe Waechter, économiste d'Ostrum Asset Management, dans un tweet.     
    Par rapport à sa deuxième estimation publiée fin novembre, l'Insee a confirmé la
contribution à la croissance du troisième trimestre de la demande intérieure finale (0,5 point)
et a légèrement relevé la contribution positive du commerce extérieur (0,3 point, contre 0,2
point précédemment). La variation des stocks des entreprises a en revanche contribué
négativement et davantage qu'estimé auparavant (-0,4 point contre -0 3 dans les précédentes
estimations).
    
    CONSOMMATION ET POUVOIR D'ACHAT DES MÉNAGES EN HAUSSE
    Au troisième trimestre, la production de biens et services en France a accéléré, affichant
une hausse de 0,6% après une progression de 0,3% au trimestre précédent.
    Les dépenses de consommation des ménages se sont redressées après leur morosité du premier
semestre - largement responsables du trou d'air de la croissance sur la période - progressant de
0,4% après un recul révisé à 0,1% au deuxième trimestre (−0,2% annoncé dans la précédente
estimation). 
    L'investissement global a continué de progresser sur la période juillet-septembre, avec une
hausse confirmée à 0,9%, alimentée par le dynamisme de l'investissement des entreprises, dont
l'augmentation a été revue à 1,5% (contre +1,6% auparavant).
    L'investissement des ménages, qui recouvre pour l'essentiel les dépenses en logement, est
quant à lui reparti en légère baisse pour la première fois depuis le printemps 2015 et s'inscrit
en recul de 0,1%, en lien avec le recul des mises en chantiers de logements depuis fin 2017.
    Au troisième trimestre, le pouvoir d'achat des Français a ralenti, affichant une hausse de
0,4% après celle de 0,8% observée au cours du trimestre précédent.
    Parallèlement, leur taux d'épargne est resté pratiquement stable, à 14,4%, soit un recul de
0,1 point par rapport au deuxième trimestre.
    Le taux de marge des entreprises a quant à lui légèrement progressé, à 31,9% contre 31,7% au
deuxième trimestre. 
    Selon l'institut national de la statistique, le déficit des administrations publiques s'est
creusé à 3,1% du PIB au troisième trimestre, après 2,7% au deuxième. Cette évolution a été
alimentée à la fois par une augmentation des dépenses après leur recul du deuxième trimestre sur
fond de baisse des remboursements de la taxe à 3% sur les dividendes, ainsi que par une
diminution des recettes, avec notamment une baisse des recettes d'impôt sur les sociétés.     
    
    Statistique détaillée sur le site de l'Insee: 
    bit.ly/2CqmKn9
         
 Le point sur la conjoncture française                        
 Graphique: Les chiffres clés de l'économie   tmsnrt.rs/2B7G9qP
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)
  
0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below