December 21, 2018 / 4:08 AM / in 5 months

LEAD 2-Carlos Ghosn reste en prison sur la base de nouvelles accusations

(Actualisé avec perquisition, précisions, contexte)

par Kiyoshi Takenaka

TOKYO, 21 décembre (Reuters) - Le parquet de Tokyo a de nouveau placé Carlos Ghosn en état d’arrestation vendredi, sur la base d’accusations supplémentaires selon lesquelles l’ex-président de Nissan aurait fait passer dans les comptes du constructeur japonais des pertes de 1,85 milliard de yens (14,5 millions d’euros) sur des investissements personnels.

Ce nouveau rebondissement signifie que le PDG de Renault et de l’alliance Renault-Nissan pourrait être maintenu en détention pendant une nouvelle période de dix jours, après avoir déjà passé un mois en cellule depuis son arrestation le 19 novembre pour des accusations de malversations financières, alors que la veille seulement, il semblait promis à une libération prochaine.

La décision du parquet de Tokyo intervient en effet au lendemain du refus d’un tribunal de district de la capitale japonaise de prolonger la détention de Carlos Ghosn, un coup de théâtre qui laissait envisager une prochaine libération sous caution.

Une perquisition a en outre été menée vendredi au domicile de Carlos Ghosn à Tokyo, rapporte la chaîne TV Asahi.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès de l’avocat de Carlos Ghosn, Motonari Otsuru, qui avait précédemment refusé de donner suite à des demandes de commentaires sur l’affaire.

Un peu plus tôt vendredi, la chaîne de télévision japonaise NHK, citant le conseil de Carlos Ghosn, avait rapporté que le PDG de Renault jurait de rétablir son honneur en justice et comptait s’exprimer devant la presse dès sa libération.

“Les choses telles qu’elles se présentent sont absolument inacceptables”, a déclaré Carlos Ghosn selon des propos rapportés par son avocat. “Je veux que ma position soit entendue et rétablir mon honneur devant un tribunal.”

PEINE MAXIMALE DE 10 ANS DE PRISON

Lui aussi arrêté le 19 novembre, Greg Kelly ne devrait pas non plus être libéré vendredi, selon son avocat. Cet ex-administrateur de Nissan, accusé de complicité avec Carlos Ghosn, a aussi bénéficié jeudi de la décision de justice rejetant la prolongation de sa détention. Son avocat a cependant déclaré que la prochaine opportunité de versement d’une éventuelle caution n’interviendrait que mardi.

A l’issue d’une première période de détention, Carlos Ghosn a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer l’intégralité de sa rémunération chez Nissan de 2010 à 2015. Le même jour, l’enquête a été élargie aux trois années suivantes, ce qui a entraîné immédiatement une nouvelle mise en détention, pour une période de 10 jours qui s’achevait jeudi.

Le parquet ne s’est pas exprimé sur une éventuelle inculpation portant sur la période 2015-2018.

La nouvelle arrestation annoncée vendredi pour abus de confiance aggravé se fonde sur des soupçons selon lesquels, aux alentours d’octobre 2008, Carlos Ghosn a transféré à Nissan des transactions effectuées à titre personnel pour lui faire supporter des pertes évaluées à 1,85 milliard de yens.

D’après l’agence Kyodo, Carlos Ghosn, par la voix de son avocat, a rejeté cette accusation lorsqu’elle a fait surface fin novembre. Carlos Ghosn a effectivement envisagé ce transfert mais y a renoncé après avoir été informé qu’il serait illégal, a alors dit Motonari Otsuru cité par Kyodo.

La peine maximale pour non-déclaration de revenus et abus de confiance aggravé est de 10 ans de prison et/ou 10 millions de yens d’amende.

Carlos Ghosn a été évincé de la présidence de Nissan dans la foulée de son arrestation. Il est toujours PDG de Renault, même si une direction intérimaire a été mise en place, et reste officiellement à la tête de l’alliance automobile franco-japonaise.

Reuters a rapporté mercredi que l’affaire Ghosn pourrait s’élargir aux finances de Renault-Nissan, des dirigeants de l’alliance ayant travaillé en 2010 sur un plan avorté visant à verser au PDG une partie de ses rémunérations dues au titre de ses fonctions chez Nissan par le biais de la holding néerlandaise de l’alliance.

Renault comme Nissan ont refusé de s’exprimer sur la nouvelle arrestation de Carlos Ghosn. Selon des sources, le conseil d’administration du groupe au losange doit se réunir de manière informelle d’ici la fin de la journée pour faire un point sur ce nouveau rebondissement. (Avec Ritsuko Ando, Tim Kelly, Linda Sieg et Malcolm Foster à Tokyo, Laurence Frost et Gilles Guillaume à Paris, Jean Terzian et Bertrand Boucey pour le service français)

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