December 19, 2018 / 12:00 PM / 5 months ago

Le taux neutre pourrait être négatif en zone euro-étude BCE

19 décembre (Reuters) - Le “taux d’intérêt réel neutre”, qui ne stimule ni ne freine l’activité économique, pourrait être négatif dans la zone euro, selon une étude de la Banque centrale européenne qui suggère que la BCE ne dispose que de marges réduites pour relever ses taux dans les prochaines années.

Les marchés anticipent pour le moment une hausse des taux fin 2019 ou début 2020, qui serait la première depuis près de dix ans. Mais un taux neutre négatif donnerait à penser que le chemin à parcourir entre les taux actuels et le niveau neutre ne serait pas bien long.

Cela signifierait que la banque centrale a moins de marge pour relever ses taux d’intérêt sans pénaliser l’activité économique mais aussi moins de marge pour les réduire avant de toucher la borne inférieure, à partir de laquelle d’autres baisses de taux seraient inefficaces.

Le taux neutre est généralement imprécis et difficile à déterminer. La Réserve fédérale américaine définit régulièrement son orientation de politique monétaire par rapport au taux neutre et certains banquiers centraux défendent l’idée que le resserrement monétaire doit s’arrêter autour de ce niveau.

"Fait notable, la plupart de nos estimations (du taux neutre réel) dans la zone euro sont actuellement négatives, quel que soit le modèle utilisé", lit-on dans l'étude here publiée mercredi, qui ne reflète pas nécessairement l'opinion des dirigeants de la BCE.

“La tendance baissière prolongée des estimations fait que le risque est élevé de voir à l’avenir la politique monétaire contrainte par la borne basse des taux d’intérêt nominaux.”

La borne basse des taux oblige de fait les banques centrales à recourir à des outils non conventionnels comme les rachats d’actifs, un instrument controversé et pas toujours compris.

Avec le principal taux de la BCE à zéro et une inflation autour de 2%, le taux d’intérêt réel est actuellement d’environ -2% et les contrats à terme sur le marché monétaire laissent présager peu d’évolution dans l’année qui vient.

Si l’étude de la BCE se garde de prédire la trajectoire future du taux neutre, elle souligne que celui-ci est sur une tendance baissière depuis des décennies et que la faible croissance de la productivité comme l’évolution démographique risquent de le maintenir sous pression.

Le déclin de la population active et la baisse du nombre d’actifs par rapport aux retraités ont pour effet d’accroître le taux d’épargne; ce qui, toutes choses égales par ailleurs, exerce une pression baissière sur le taux neutre.

Balazs Koranyi, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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