December 14, 2018 / 9:50 AM / a month ago

Deutsche Telekom prend "très au sérieux" le débat sur la Chine

FRANCFORT, 14 décembre (Reuters) - Deutsche Telekom réexamine sa stratégie en matière de relations avec les équipementiers télécoms car il prend “très au sérieux” les débats actuels sur les questions de sécurité liées aux fournisseurs chinois, a déclaré vendredi le groupe allemand.

Cette décision du premier opérateur télécoms européen, dont l’Etat allemand est actionnaire, survient à la suite de mises en garde des Etats-Unis contre Huawei, qui ont déjà amené des alliés de Washington à prendre des mesures contre le géant chinois.

“Deutsche Telekom prend très au sérieux le débat au niveau mondial sur la sécurité des équipements de réseaux fournis par des vendeurs chinois”, a dit le groupe allemand en réponse à une demande de Reuters.

Deutsche Telekom s’appuie jusqu’à présent sur divers fournisseurs, essentiellement Ericsson, Nokia , Cisco et Huawei. “Néanmoins, nous réévaluons notre stratégie d’achats”, a ajouté l’opérateur.

Cette position contraste avec la réaction officielle des autorités allemandes jusqu’à présent au sujet des mises en garde de Washington sur Huawei. Berlin a dit ne pas disposer de base juridique pour exclure un équipementier du processus de déploiement de la nouvelle génération mobile 5G en Allemagne.

Les Etats-Unis ont informé leurs alliés ces derniers mois que Huawei devait obéir aux instructions du pouvoir chinois et que ses équipements pourraient contenir des dispositifs d’espionnage. Le groupe chinois dément ces accusations.

Deutsche Telekom entretient d’étroites relations avec Huawei. Les deux groupes mènent ensemble un projet pilote sur la 5G à Berlin en prévision des enchères prévues l’an prochain en Allemagne pour les fréquences de cette nouvelle génération.

Près de la moitié du chiffre d’affaires de l’opérateur allemand provient de sa filiale aux Etats-Unis T-Mobile , dont le projet d’acquisition de l’opérateur mobile Sprint pour 26 milliards de dollars (23 milliards d’euros) est en cours d’examen par les autorités américaines.

En France, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a déclaré récemment que les investissements de Huawei étaient les bienvenus mais que le gouvernement exercerait son contrôle s’ils venaient à concerner des technologies sensibles ou la sécurité nationale.

D’autres pays comme la Belgique et le Japon prévoient d’interdire l’accès du groupe chinois à leurs marchés, tandis que la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont demandé dès août dernier à leurs opérateurs télécoms de ne pas utiliser ses équipements dans les nouveaux réseaux de téléphonie mobile 5G.

Douglas Busvine Bertrand Boucey pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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