December 13, 2018 / 4:11 PM / 5 months ago

3 QUESTIONS À-UBP-La BCE entre en mode gestion du risque

PARIS, 13 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE), qui a laissé jeudi sa politique monétaire inchangée en reconnaissant que les risques à la baisse sur la croissance de la zone euro prenaient de l’ampleur, entre en mode de gestion du risque, un peu à l’image de la Réserve fédérale américaine (Fed), estime Patrice Gautry, chef économiste de l’Union bancaire privée (UBP).

1/ L’inflation qui reste faible ne complique-t-elle pas la tâche de la BCE ?

Patrice Gautry : “Oui, l’inflation est faible mais la BCE souligne que l’inflation sous-jacente, elle, est appelée à monter et que les salaires et le marché du travail se tendent, ce qui est un facteur un peu nouveau. On avait tendance à l’entendre de la Fed plutôt que de la BCE.

“L’exercice devient un peu plus compliqué puisqu’il lui faudra surveiller en même temps l’inflation IPCH et l’inflation “core”.

“Derrière ces prévisions et cette tonalité plutôt “dovish”, on s’oriente vers une politique de la BCE qui sera plus en forme de gestion du risque qu’une simple normalisation des taux d’intérêt avec l’arrêt du quantitative easing.”

2/ La première hausse de taux peut-elle toujours intervenir au second semestre 2019 ?

Patrice Gautry : “Comme celle de la Fed, la politique de la BCE est “data dependent”. Si tout va bien, si les ralentissements et les vents contraires sont temporaires, le calendrier sera respecté, ce qui est une manière de donner un peu de confiance et de visibilité dans l’environnement sur les marchés. Mais, bien entendu, si le ralentissement constaté par la BCE en deuxième partie d’année se prolonge, c’est le “risk management” qui prévaudra.

“Il y a plein d’événements, entre les tensions commerciales, l’attitude de certains gouvernements et les élections européennes, qui vont survenir avant ce fameux troisième trimestre 2019.

“La perspective de la fin du mandat de Mario Draghi ne pèse pas pour l’instant parce qu’aucune candidature n’a été annoncée et que c’est lui qui aura à gérer les annonces de hausses de taux ou l’absence de hausse de taux en septembre 2019.”

3/ Les annonces en matière de réinvestissements sont-elles conformes aux attentes ?

Patrice Gautry : “Oui, elles sont conformes aux attentes avec peut-être l’élément nouveau qui est que les réinvestissements sont là pour longtemps, au-delà éventuellement de la première période estimée de hausse des taux, ce qui redonne confiance sur un éventuel problème de liquidité à la suite de l’arrêt du QE.

“Le montant des réinvestissements est tout de même de 280-300 milliards d’euros sur la zone. On voit bien le souci de la stabilisation et Mario Draghi a insisté, cette fois-ci comme la fois dernière, sur le fait que l’offre de liquidité répondrait aux besoins.

“Les LTRO n’ont pas été annoncées mais je ne serais pas surpris de voir des mesures de LTRO ou de TLTRO ressortir au premier ou au deuxième trimestre.”

Voir aussi :

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Propos recueillis par Patrick Vignal

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