December 13, 2018 / 4:36 PM / in 5 months

France-La gauche veut sanctionner un gouvernement "déconnecté du peuple"

PARIS, 13 décembre (Reuters) - L’Assemblée nationale a entamé jeudi l’examen d’une motion de censure émanant des députés de gauche, qui dénoncent la gestion de la crise des “Gilets jaunes” par un gouvernement “déconnecté du peuple”.

Le Rassemblement national, qui compte six élus, et le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan ont annoncé qu’ils voteraient eux aussi ce texte déposé par les groupes Socialistes et apparentés, France insoumise et Gauche démocrate et républicaine (GDR) au terme de plus de trois semaines de manifestations pour le pouvoir d’achat dans toute la France.

Au vu des forces en présence au Palais-Bourbon, cette procédure, qui donnera lieu à un vote en fin de journée, n’a aucune chance d’aboutir.

“Alors que la situation méritait de déclarer immédiatement un véritable état d’urgence sociale, écologique et économique, vous avez attendu. Puis, vous vous êtes contentés, avec Emmanuel Macron, d’annoncer des mesures aussi trompeuses qu’insuffisantes”, a déclaré à la tribune André Chassaigne, député communiste et président du groupe GDR.

“Vous n’entendez pas votre peuple, parce que vous êtes déconnecté du peuple”, a lancé le député à l’adresse du Premier ministre.

Dans les couloirs de l’Assemblée, le Rassemblement national a expliqué son choix de censurer un gouvernement qui “n’a apporté aucune réponse pérenne” aux problèmes soulevés.

“Si cette censure avait été déposée ou proposée par le pape, nous l’aurions votée de la même façon”, a déclaré le député RN Sébastien Chenu.

Edouard Philippe a rappelé les annonces faites lundi par le président Emmanuel Macron en réponse à la contestation, qui incluent une hausse de 100 euros des revenus des salariés au smic et la défiscalisation des heures supplémentaires.

Elles feront l’objet d’un projet de loi “resserré” présenté mercredi prochain en conseil des ministres.

“Lorsque je vois votre gauche à nouveau unie - temporairement ou durablement, l’avenir nous le dira - souhaiter censurer un gouvernement qui augmente de 100 euros les travailleurs au smic, je me dis qu’il y a là quelque chose qui ne ressemble pas à un repère connu”, a ironisé Edouard Philippe issu du camp conservateur.

“Nous devons écouter cette colère, nous savons qu’elle vient de très loin”, a dit le Premier ministre, qui a aussi mis en exergue l’importance du “temps long”.

“Dès janvier, nous reprendrons le vaste mouvement de transformation du pays”, a-t-il affirmé, citant notamment les réformes de l’assurance chômage, de la fonction publique et des systèmes de retraite. (Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)

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