December 13, 2018 / 2:21 PM / 3 months ago

Brexit: May de retour à Bruxelles, les Européens prudents

* La Première ministre britannique espère des “garanties” à même de dissiper les inquiétudes de son Parlement

* Les Européens sont disposés à l’aider, mais refusent de rouvrir la négociation

* Le “backstop” irlandais demeure l’obstacle majeur

par Gabriela Baczynska et Elizabeth Piper

BRUXELLES, 13 décembre (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a déclaré jeudi à son arrivée au conseil européen à Bruxelles qu’elle ne s’attendait pas à obtenir une “avancée immédiate” mais espère pouvoir commencer à travailler “aussi vite que possible” sur ces “réassurances” qu’elle juge nécessaires pour faire ratifier l’accord sur le Brexit par son Parlement.

Ses partenaires européens, s’ils se disent prêts à aider la cheffe du gouvernement britannique, n’envisagent pas en effet de rouvrir l’accord encadrant les modalités du divorce qu’ils ont approuvé le 25 novembre dernier, à commencer par le “backstop” sur lequel ils excluent de revenir.

Cette clause de sécurité, qui cristallise les oppositions à la Chambre britannique des Communes, doit éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la république d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord. Ce point est jugé crucial pour empêcher un retour de la violence et une remise en cause de l’accord du Vendredi-Saint, en 1998, qui a mis fin à un conflit ayant fait plus de 3.000 morts en trois décennies.

Le “backstop” ne s’appliquera que si le Royaume-Uni et l’Union européenne, au cours de la période de transition censée s’ouvrir après le divorce, le 29 mars prochain, et courir sur deux à quatre ans, ne parviennent pas à négocier un accord commercial de nature à empêcher le retour d’une frontière à travers l’île d’Irlande.

“Nous devons tout faire pour aider Theresa May, mais la marge de manoeuvre est étroite”, a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a reçu mardi matin son homologue britannique. Devant les journalistes massés à l’entrée du conseil européen, il a réaffirmé que l’option du “backstop” était nécessaire mais que nul en Europe ne voulait la déclencher.

Dans un entretien accordé au quotidien autrichien Der Standard, le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, confirme qu’aucun changement ne pourra être effectué aux quelque 600 pages de l’accord de retrait.

Mais, ajoute-t-il, des “clarifications” pourraient être apportée à la déclaration politique. Adoptée parallèlement à l’accord de retrait, cette déclaration de 26 pages - “formulée en termes vagues”, dixit Kurz - porte sur les relations commerciales futures qui entreront en vigueur à l’issue de la période transitoire de deux à quatre ans.

“Nous sommes prêts à répondre aux besoins particuliers de Theresa May”, poursuit Kurz.

MAY VEUT RELAYER LA VIVE INQUIÉTUDE DE SON PARLEMENT

La cheffe du gouvernement britannique, qui a survécu mercredi soir à un vote de défiance au sein de son Parti conservateur, veut obtenir auprès de Bruxelles des “réassurances” qu’elle juge nécessaires pour faire ratifier par la Chambre des Communes l’accord de retrait négocié avec les Européens.

“Je reconnais la force de l’inquiétude de la Chambre des Communes et c’est ce que je relaierai aujourd’hui auprès de mes collègues (européens”, a dit May à son arrivée à Bruxelles.

“Je ne m’attends pas à une avancée immédiate, mais ce que j’espère, c’est que nous pourrons commencer à travailler aussi vite possible sur les garanties qui sont nécessaires”, a-t-elle poursuivi.

Dans un projet de déclaration que Reuters s’est procurée, les dirigeants européens se disent “prêts à étudier si de nouvelles garanties peuvent être apportées” aux Britanniques sur la question du “backstop” et plus généralement sur l’accord de Brexit. Mais ce document en six points souligne que toute nouvelle garantie “ne changera ni ne contredira” l’accord trouvé.

A Londres, l’agenda des travaux parlementaires dévoilé jeudi par la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, ne prévoit pas de vote sur l’accord de Brexit avant Noël.

Ce vote devait initialement se tenir mardi dernier. Mais, faute de majorité, Theresa May y a renoncé in extremis, suscitant un tollé auprès des parlementaires et précipitant le vote de défiance au sein de son Parti conservateur, dont elle s’est sortie mercredi soir par 200 voix contre 117.

avec Kate Holton et Kylie MacLellan à Londres et Alastair Macdonald et Philip Blenkinsop à Bruxelles Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français

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