December 11, 2018 / 4:18 PM / 3 months ago

Les entreprises ont émis moins de dette en 2018, une 1ère depuis 2011-SG

* Baisse de 16,7% des émissions des “corporates” en euros

* Le repli atteint 15,7% pour la dette en dollars des sociétés

* Volatilité et réforme fiscale US en cause

* Les émetteurs publics en euros se préparent à l’arrêt du QE de la BCE

* Le Trésor américain très actif en 2018, le restera en 2019

par Blandine Henault

PARIS, 11 décembre (Reuters) - Le regain de volatilité sur les marchés financiers s’est traduit par une nette baisse des volumes d’émissions de dette des entreprises non-financières cette année, un phénomène inédit depuis 2011 qui s’explique également par les effets de la réforme fiscale aux Etats-Unis, indiquent les équipes spécialisées sur les marchés de dette de Société Générale CIB.

Le volume d’émissions de dette des “corporates” en euros devrait atteindre fin 2018 318 milliards, contre 382 milliards en 2017, soit un repli de 16,7%.

Le montant des émissions de dette en dollar américain s’élèverait à 911 milliards, contre 1.081 milliards l’an dernier, estiment les spécialistes de Société Générale dans leur rapport annuel présenté mardi.

Ils mettent en avant les effets de la réforme fiscale aux Etats-Unis qui a incité les entreprises à rapatrier une grande partie de leur trésorerie détenue à l’étranger et donc à moins se refinancer sur le marché.

Le regain de volatilité a par ailleurs conduit à une augmentation des écarts de rendement (“spread”) sur le marché du crédit et a favorisé le retour de “fenêtres” plus au moins favorables pour les entreprises pour faire appel au marché.

Les émissions de dette liées à des besoins de financement pour des acquisitions (M&A) sont néanmoins restées solides, les émetteurs étant prêts à payer des primes plus élevées pour financer ces opérations stratégiques, observent les équipes de Société générale.

Que ce soit sur le marché en euros ou en dollars, le repli des volumes d’émission concerne en particulier les entreprises les moins bien notées, dont la dette est dite à “haut rendement” ou “high yield”.

Ces volumes devraient baisser en 2018 de 29,3% sur le marché de la dette en euros et de 32,6% pour les émissions en dollars.

En comparaison, le repli serait de 16,3% pour les obligations en euros émises par les entreprises les mieux notées (“catégorie investissement”) et de 9,5% pour la dette en dollars.

FIN DU QE DE LA BCE

Du côté de la dette du secteur public (Etats, supranationaux et agences, SSA), les volumes d’émissions de dette en euros sont attendus en baisse de 4% en 2018.

En revanche, les émissions de dette publique en dollars auraient progressé de 4,9%. Elles ont été tirées essentiellement par le Trésor américain, dont le montant de dette émise a augmenté de 11,5% cette année afin de financer la réforme fiscale adoptée fin 2017.

Sur le marché européen, les acteurs publics ont été très actifs au premier trimestre en anticipation de la fin du programme de rachats d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui les a conduits à ralentir le rythme de leurs émissions sur la deuxième partie de l’année.

La BCE a annoncé en septembre qu’elle arrêterait son programme de rachats d’actifs, dit d’assouplissement quantitatif (QE) à la fin de l’année, ce qu’elle devrait confirmer à l’occasion de sa réunion de politique monétaire prévue jeudi.

“Est-ce que la fin du QE est grave ? Non. Est-ce qu’elle aura un impact ? Oui”, a prévenu Félix Orsini, responsable mondial du marché de dette des SSA.

“Il s’agit d’un retour à la normale où le marché, moins profond, va redevenir plus sensible à un certain nombre d’évènements macroéconomiques ou politiques”.

Pour 2019, les équipes de Société générale attendent un léger rebond (+1%) des émissions de dette en euros des entreprises non-financières et du secteur public.

Du côté de la dette en dollars, le Trésor américain devrait rester très actif avec des émissions attendues en hausse de 21%. Au total, le volume d’émissions devrait augmenter de 3% pour les corporates et de 19% pour les SSA.

“Les taux et les primes d’émissions nouvelles devraient augmenter, mais ce sera très difficile à prédire, en raison de l’influence croissante des incertitudes politiques et macroéconomiques et de l’offre concurrentielle”, indiquent les équipes de Société générale CIB.

“Plus que jamais, un contrôle rapproché des catalyseurs de marché et du comportement des investisseurs sera crucial pour permettre aux émetteurs potentiels de faire les bons choix”. (édité par Marc Joanny)

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