December 8, 2018 / 3:21 PM / 4 months ago

LEAD 1-La nouvelle présidente de la CDU fait un geste envers ses rivaux

* Elue vendredi, Annegret Kramp-Karrenbauer nomme le proche d’un de ses rivaux au poste de secrétaire général

* L’héritière de Merkel veut remettre la CDU en ordre de marche pour les élections à venir (.)

par Paul Carrel

HAMBOURG, 8 décembre (Reuters) - Annegret Kramp-Karrenbauer, la nouvelle dirigeante de la CDU allemande, s’est employée samedi à ressouder le parti conservateur dans l’optique des élections européennes et régionales prévues l’année prochaine.

Dans un premier geste à la forte symbolique, elle a choisi un proche d’un de ses rivaux pour lui succéder au poste de secrétaire général de l’Union chrétienne démocrate.

Né en Pologne, arrivé très jeune en Allemagne, Paul Ziemiak, qui est âgé de 33 ans, dirigeait la Junge Union, le mouvement de jeunesse de la CDU, depuis 2014. Plus conservateur que la nouvelle présidente du parti d’Angela Merkel, il a soutenu Jens Spahn, le ministre de la Santé qui a été éliminé au premier tour de scrutin, vendredi.

“C’est un proche ami, depuis la Junge Union, de Jens Spahn”, a déclaré à Reuters David McAllister, membre du comité exécutif de la CDU, qui note également qu’il a grandi dans la région natale de Friedrich Merz, battu par “AKK” au second tour de scrutin vendredi soir.

“De ce fait, la décision de choisir Paul Ziemiak est un pas franchi par Annegret Kramp-Karrenbauer dans sa tentative d’unifier les différents camps qui ont soutenu trois candidats différents (lors de la campagne en vue de la primaire)”, poursuit McAllister.

Il appartiendra à Ziemiak d’organiser un parti désormais orphelin d’Angela Merkel, qui l’a présidé pendant dix-huit ans, et de coordonner les campagnes électorales à venir et les futurs congrès.

“Notre mission à présent est de renouveler le parti avec un cap clair et une communication claire”, a-t-il dit. “Pensons et gagnons ensemble.”

Mais sa nomination au poste de secrétaire général du parti, fonction qu’assumait Kramp-Karrenbauer avant son élection à la présidence, n’a été approuvée que par un peu moins de 63% des voix des 1.001 délégués du parti réunis en congrès à Hambourg.

“Je ne cacherais pas le fait que j’aurais aimé un secrétaire général issu de l’Est”, a commenté Ingo Senftleben, dirigeant local de la CDU dans le Land du Brandebourg, qui a rappelé que Kramp-Karrenbauer devait tenir sa promesse de faire attention aux Länder de l’ex-Allemagne de l’Est, où trois élections régionales auront lieu l’an prochain.

L’ART DU COMPROMIS

Le score de Ziemiak est très en deçà des 98,9% réunis par Kramp-Karrenbauer en février dernier, lorsque Merkel l’avait proposée pour ce poste.

Il traduit les divisions internes de la CDU, qui sort d’une série de revers électoraux. Divisions que le scrutin de vendredi avait déjà mises en lumière, puisque Kramp-Karrenbauer, présentée comme l’héritière de Merkel, n’a été élue qu’avec moins de 52% des voix des délégués face à Merz.

Mais Annegret Kramp-Karrenbauer, qui a gouverné la Sarre entre 2011 et 2018 dans le cadre d’une coalition expérimentale avec les Grünen et les libéraux du FDP, a démontré sa capacité à nouer des compromis.

Pour Angela Merkel, il est essentiel que sa successeure parvienne à ressouder la CDU afin de maintenir à flot sa “grande coalition” avec les sociaux-démocrates du SPD, qui a frôlé à plusieurs reprises l’éclatement depuis son difficile accouchement, en mars dernier.

La CDU demeure la première force politique allemande. Mais le parti est menacé sur sa droite par l’essor du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) et perd également des suffrages au profit des écologistes des Grünen.

Selon la dernière livraison du sondage DeutschlandTrend réalisé par l'institut Infratest dimap pour la chaîne de télévision ARD, diffusée here jeudi, le bloc conservateur formé par la CDU et son parti frère de Bavière, la CSU, est à 30%.

Le SPD est encore plus bas, à 14%, à égalité avec l’AfD et derrière les écologistes (20%).

En octobre, lors des régionales dans le Land de Hesse, le parti conservateur a perdu dix points et cette débâcle a conduit Merkel à renoncer à se représenter à sa présidence tête et à annoncer que son mandat de chancelière fédérale, le quatrième depuis 2005, serait son dernier.

avec Torsten Severin et Madeline Chambers Henri-Pierre André pour le service français

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