December 5, 2018 / 7:37 AM / 6 days ago

LEAD 4-Budget italien: Conte se dit prêt à changer un "petit quelque chose"

* Rome pourrait raboter près de 4 milliards d’euros sur les retraites et le revenu de citoyenneté

* Le commissaire européen Günther Oettinger presse Rome de soumettre un nouveau projet budgétaire

* Selon le Corriere della Sera, Giovanni Tria, le ministre de l’Economie, réfléchit à son avenir (Acualisé avec rencontre Conte-Juncker)

MILAN, 5 décembre (Reuters) - Le président du Conseil italien Giuseppe Conte se dit prêt mercredi à modifier un “petit quelque chose” au projet de budget 2019 afin de sortir du blocage avec la Commission européenne.

“Si j’ai la possibilité de réduire l’impact économique de certaines mesures, je serai là”, dit-il dans les colonnes du quotidien La Repubblica. “Je suis celui qui est autorisé à parler avec la Commission européenne et je n’ai jamais stoppé les discussions”, ajoute le chef du gouvernement italien.

“Pour l’heure, si je peux récupérer certains financements, ajuster le chiffre définitif, changer un petit quelque chose, cela ne veut pas dire que je recule”, poursuit Conte. “S’ils m’apportent des calculs qui me permettent d’écrire 2,3% ou 2,1%, je mettrai tout de même en oeuvre les réformes proposées.”

Selon le site d’information AdnKronos, Giuseppe Conte rencontrera mardi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker pour lui présenter une nouvelle “proposition de budget”.

Le projet de budget initial du gouvernement italien table sur un déficit de 2,4% du PIB. Pour la Commission européenne, qui l’a retoqué et a lancé une procédure à l’encontre de l’Italie, il est en dehors des clous de la discipline budgétaire européenne.

Selon une source proche du Trésor italien, le gouvernement enverra à la Commission européenne une version modifiée de son projet d’ici la semaine prochaine.

Bruxelles reproche notamment à Rome de ne pas réduire la lourde dette publique de l’Italie, à plus de 130% du PIB. Seule la Grèce présente un ratio supérieur au sein des pays de la zone euro.

Invité de la station Radio 24, Giancarlo Giorgetti, sous-secrétaire à la présidence du Conseil et proche de Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur et dirigeant de la Ligue, a laissé entendre que le gouvernement italien pourrait revoir à la baisse ses dépenses publiques d’ici la semaine prochaine.

Ces économies seraient menées autour de deux axes (les retraites et la mise en place d’un revenu de citoyenneté) sur lesquels, a-t-il dit, le gouvernement pourrait à chaque fois raboter près de 2 milliards d’euros.

En l’état, le gouvernement veut modifier la réforme des retraites en introduisant pour déterminer l’âge de départ à la retraite la règle d’un quota 100 (addition de l’âge et du nombre d’annuités de cotisations).

Le commissaire européen au Budget, l’Allemand Günther Oettinger, a exhorté de son côté l’Italie à présenter rapidement un nouveau projet de loi de finances intégrant un objectif de déficit réduit.

“Nous espérons qu’un projet sortira aujourd’hui et qu’il correspondra aux critères s’appliquant à tous les pays de la zone euro”, a-t-il dit mercredi matin à une radio allemande.

“Nous ne pouvons pas accepter de l’Italie un projet de budget qui violerait tous les critères de stabilité”, a-t-il poursuivi, précisant que même un objectif de déficit ramené à 2,2% du PIB serait encore “contraire à tous les engagements” pris par Rome.

La question budgétaire italienne devrait occuper une place importante lors du prochain sommet des dirigeants européens, les 13 et 14 décembre prochain à Bruxelles.

Le Corriere della Sera rapporte pour sa part que le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, envisage de remettre sa démission à Conte une fois que le budget aura été approuvé par le Parlement.

Mais le journal, qui cite l’entourage direct du ministre, indique que Tria n’a pas encore pris sa décision et qu’il pourrait rester au gouvernement en dépit de son isolement croissant. Tria n’appartient ni au Mouvement 5 Etoiles ni à la Ligue d’extrême droite, les deux partis qui forment la coalition au pouvoir à Rome depuis juin dernier. (Valentina Za avec Giuseppe Fonte à Rome et Gernot Heller à Berlin Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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