December 3, 2018 / 2:40 PM / 15 days ago

GESTION 2019-La guerre commerciale est loin d'être finie-Candriam

* La trêve prolonge les incertitudes, selon Candriam

* Les tensions commerciales menacent la croissance mondiale

* La Chine frappée plus durement que les Etats-Unis

* Les économies de la zone euro également en danger

PARIS, 3 décembre (Reuters) - Le conflit entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux risque de peser encore sur les marchés en 2019, la trêve annoncée ce week-end ne faisant que prolonger les incertitudes, dit-on chez Candriam.

Les Bourses mondiales saluent pourtant lundi l’annonce, samedi par la Maison blanche, d’un cessez-le-feu de 90 jours dans la bataille à coups de droits de douane que se livrent Washington et Pékin.

“Cela prolonge l’incertitude, ce qui n’est pas tellement positif”, a déclaré lundi Anton Brender, chef économiste de Candriam, lors d’un point de presse à Paris.

“Il y a un risque réel que cela continue tant qu’il n’y aura pas de retournement de politique de la part de l’administration Trump”.

La hausse des droits de douane décidée par les Etats-Unis est sans précédent depuis l’après-guerre et menace sérieusement l’économie mondiale, selon Anton Brender.

S’ils devaient s’étendre au secteur automobile, les droits de douane américains se rapprocheraient en moyenne de ceux des années 1930, a-t-il dit.

“Un tel retournement serait clairement un danger pour la croissance mondiale”, a prévenu le chef économiste de la société de gestion d’actifs. “La dislocation des chaînes de production globales, dans lesquelles la Chine occupe une place centrale, ne manquerait pas alors de toucher aussi les pays les plus développés”.

LA CHINE FRAPPÉE PLUS DUREMENT

Si l’effet direct de cette guerre commerciale est modeste pour l’économie américaine, il n’en va pas de même pour la Chine, qui pourrait voir, selon Anton Brender, son produit intérieur brut (PIB) amputé de 1%.

“Cette guerre commerciale arrive au pire moment pour la Chine, alors qu’elle venait de freiner l’endettement et l’essor de la finance parallèle”, a-t-il dit.

Face à ce nouveau facteur d’incertitude, les autorités chinoises ont commencé à assouplir prudemment leur politique monétaire et devraient, selon l’économiste de Candriam, continuer de le faire.

La Chine développera la demande intérieure en promouvant la consommation et l’investissement dans les grands projets, dans un contexte de ralentissement de l’activité économique, a promis lundi le Premier ministre Li Keqiang.

L’objectif des Etats-Unis dans cette affaire dépasse de loin une simple affaire de déficit commercial à réduire, a fait valoir Anton Brender.

“La dépendance de plus en plus nette des Etats-Unis vis-à-vis d’un pays qui n’est pas considéré comme un allié pose problème à l’administration Trump”, a-t-il argumenté.

“L’objectif des Etats-Unis est de retarder la montée en puissance de la Chine, qu’ils n’ont pas les moyens d’empêcher à terme”, a-t-il dit.

Washington ne s’en prend pas seulement à la Chine et a menacé d’étendre globalement la hausse des droits de douane sur le secteur automobile, ce qui pèserait notamment sur les économies de la zone euro, en particulier l’Allemagne, selon Florence Pisani, directrice de la recherche économique chez Candriam.

“La zone euro serait sous la menace d’un ralentissement de son commerce extérieur face auquel elle n’aurait aucun moyen de relancer l’activité”, a-t-elle dit.

Voir aussi:

LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et stratèges

Patrick Vignal, édité par Marc Joanny

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