November 29, 2018 / 4:29 PM / 13 days ago

RPT-GESTION 2019-La croissance va ralentir sans caler, prudence sur les taux-UBP

(Bien lire au 1er § Union Bancaire Privée)

PARIS, 29 novembre (Reuters) - La croissance mondiale ralentira l’année prochaine mais pas suffisamment pour empêcher une poursuite de la normalisation des taux d’intérêt créant un environnement de marché peu propice aux prises de position directionnelles sur les actions comme sur les produits de taux, prévient l’Union Bancaire Privée.

La modération de l’activité va concerner tous les pays mais à des degrés divers avec en conséquence une désynchronisation de la croissance mondiale qui devrait toutefois se maintenir autour de 3,5% à 3,6%, estime Patrice Gautry, économiste de l’établissement qui totalise autour de 130 milliards de francs suisses d’actifs sous gestion.

L’économie américaine restera la plus dynamique avec une croissance attendue autour de 2,6% l’année prochaine, ce qui conduira la Réserve fédérale à poursuivre son resserrement monétaire avec une hausse de taux le mois prochain, une en mars et une en juin puis à marquer une pause pour “éviter de casser la machine”, prévoit-il.

“Le discours de la Fed a complément changé pour préparer le passage à un pilotage en ‘fine tuning’”, au plus près des évolutions de la conjoncture, ajoute-t-il.

“Si la Fed monte en décembre, en mars et en juin, le taux des fed funds sera presque à 3%, ce qui est un peu au-dessus du taux neutre mais ce n’est pas injustifié au regard de la dynamique de l’économie américaine”, ajoute-il en référence au taux qui ne stimule ni ne freine l’activité.

“Mais avec un (indicateur des directeurs d’achat) ISM à 55, une inflation à 2,5% et des taux des fed funds à 2,75%, les taux à 10 ans devraient être à 4%”, estime Patrice Gautry qui s’attend à une repentification de la courbe des taux et se veut prudent sur cette classe d’actifs.

“Avec le processus de remontée, la question se posera de savoir à quel moment rentrer dans la courbe des taux”, note-t-il toutefois.

“On rentre dans un terrain nouveau avec des taux courts et longs qui vont redevenir positifs en termes réels et la question de la réaction de l’économie américaine à ce nouvel environnement va se poser”, avertit-il.

Il souligne le risque du niveau élevé de l’endettement, et en particulier de l’endettement public aux Etats-Unis, mais plus largement à l’échelle mondiale dans ce contexte.

L’enclenchement d’une spirale prix-salaire, constitue un autre facteur de risque selon lui qui déterminera si la fin de cycle sera modérée aux Etats-Unis ou au contraire désordonnée avec une Réserve fédérale qui serait contrainte d’accentuer le durcissement de sa politique monétaire.

PAS D’ESCALADE COMMERCIALE ENTRE LA CHINE ET LES USA

S’il ne voit pas les tensions commerciales entre Washington et Pékin dégénérer, il estime que la Chine a en réalité un problème de politique économique assez similaire à celui des Etats-Unis, à savoir de trouver les moyens de prolonger le cycle.

Les autorités chinoises essayent d’y parvenir par un soutien budgétaire comme l’administration américaine mais aussi par une politique d’assouplissement monétaire ciblée visant à orienter le crédit vers les secteurs qu’elles souhaitent développer.

Le décalage de politique monétaire devrait se traduire par une fermeté du dollar au cours du premier semestre qui devrait se modérer en deuxième partie d’année et une incertitude sur la devise chinoise qui pourrait franchir le seuil des 7 yuans pour un dollar.

“Il y a un seuil psychologique sur les marchés autour de 7,2-7,3 yuans car les autorités chinoises peuvent avoir du mal à contrôler les sorties de capitaux en cas de dépréciation accélérée de la devise comme on l’a constaté dans le passé”, rappelle-t-il.

Pour lui, le ralentissement de l’activité devrait se traduire par un retour de la croissance des bénéfices vers la tendance de long terme tandis que les marchés actions dont les valorisations avaient beaucoup bénéficié de l’expansion des P/E (ratio de capitalisation des bénéfices), en particulier sur le segment technologique, ont nettement corrigé en octobre.

“On continue à bien aimer les actions mais nous sommes légèrement sous-pondérés sur la partie actions des portefeuilles”, a dit Patrice Gautry, précisant que les placements alternatifs permettant d’allier recherche de valeur et protection comme certaines stratégies de hedge funds ou des produits structurés avaient été renforcées.

Au sein de la poche actions, UBP est sous-pondérée sur les Etats-Unis et l’Europe, même si cette dernière pourrait à nouveau être intéressante une fois les risques liés notamment à l’Italie et au Brexit dissipés. La banque est en revanche surpondérée sur le Japon et les émergents.

“L’environnement de marché n’est pas propice au positionnement directionnel sur des produits simples actions ou de taux”, a résumé Patrice Gautry.

Marc Joanny, édité par Blandine Hénault

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below