November 29, 2018 / 9:39 AM / 13 days ago

LEAD 1-Guerre-Mitsubishi condamné à des indemnités par la justice sud-coréenne

(Précise le nombre d’anciens travailleurs, ajoute réactions)

SEOUL, 29 novembre (Reuters) - La Cour suprême de Corée du Sud a sommé jeudi le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries de verser des dommages et intérêts à dix Sud-Coréens qui ont été soumis à un régime de travail obligatoire durant la Seconde Guerre mondiale, décision qui a été aussitôt rejetée par Tokyo.

Cette décision fait écho à un autre verdict de la Cour suprême, rendu en octobre, en faveur de Sud-Coréens demandant des dommages et intérêts à Nippon Steel & Sumitomo Metal pour la même question de travail forcé durant la Seconde guerre mondiale.

Jeudi, la Cour suprême a confirmé une décision de cour d’appel rendue en 2013 demandant à Mitsubishi de verser 80 millions de wons (62.800 euros) à chaque membre d’un groupe de 5 plaignants ou à leurs familles, au titre de dommages et intérêts.

Dans un autre arrêt, la cour a ordonné à Mitsubishi de verser jusqu’à 150 millions de wons (117.750 euros) à chaque membre d’un autre groupe de cinq plaignants ou à leurs familles.

Le groupe Mitsubishi a qualifié le verdict de “profondément regrettable”, déclarant dans un communiqué qu’il consulterait le gouvernement japonais en vue de sa réponse.

Le chef de la diplomatie japonaise, Taro Kono, a publié sans attendre un communiqué dans lequel il juge les décisions de la Cour suprême sud-coréenne “totalement inacceptables”.

“Cela casse, sur le fond, les bases juridiques des relations d’amitié entre le Japon et la Corée du Sud, et c’est extrêmement regrettable”, a dit le ministre des Affaires étrangères.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a regretté “la réaction extrême” du Japon et appelé à la retenue.

Des actions en justice menées au Japon par l’un des groupes de cinq plaignants avaient été rejetées au motif que leur droit à des indemnités n’existait plus depuis la signature en 1965 d’un traité de normalisation des liens entre Séoul et Tokyo.

Mais la Cour suprême sud-coréenne a estimé que ce traité ne couvrait pas “les droits des victimes du travail forcé à des réparations pour des crimes contre l’humanité commis par une entreprise japonaise en lien direct avec le régime colonial illégal et la guerre d’agression du gouvernement japonais contre la péninsule coréenne”.

Kim Seong-ju, une plaignante âgée de 90 ans, a déclaré qu’elle avait été envoyée au Japon à l’âge de 15 ans sur la recommandation de son professeur, qui était japonais.

“On m’a dit que je pourrais y poursuivre mes études, mais en fait, j’ai dû travailler tout le temps en usine”, a-t-elle dit lors d’une conférence de presse à Séoul, après l’arrêt de la Cour suprême, en montrant sa main, qui porte toujours les séquelles d’un accident de travail survenu à cette période. (Hyonhee Shin et Joyce Lee; Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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