November 28, 2018 / 8:31 AM / 15 days ago

Le Boeing de Lion Air pas en état de voler avant son crash-enquêteurs

DJAKARTA, 28 novembre (Reuters) - Le Boeing 737 MAX de la compagnie Lion Air qui s’est abîmé en mer fin octobre au large de l’Indonésie n’était pas en état de voler même lors de son avant-dernier vol, au cours duquel les pilotes ont rencontré les mêmes problèmes que ceux survenus avant sa chute, ont déclaré mercredi les enquêteurs indonésiens.

Dans son rapport préliminaire, la commission indonésienne de la sécurité dans les transports (KNKT) aborde les questions relatives à l’entretien de l’appareil par la compagnie, à la formation des pilotes et au système de stabilisation de l’avion mis au point par Boeing mais elle ne désigne aucune cause à cet accident qui a coûté la vie aux 189 personnes à bord.

Ce rapport fournit de nouveaux détails sur les efforts des pilotes pour contrôler le 737 MAX. Ils évoquent un “problème de contrôle de vol” et les derniers mots du commandement de bord sont pour demander aux contrôleurs aériens l’autorisation de voler à une altitude de 5.000 pieds.

Le contact avec l’avion a été perdu 13 minutes après son décollage de Djakarta.

Les informations tirées des enregistreurs de vol montrent que le vibreur de manche (“stick shaker”), destiné à avertir le commandant de bord d’un risque de décrochage, est resté en action durant la majeure partie du vol. Le capitaine s’est efforcé de redresser le nez de l’appareil mais le système de rectification automatique de Boeing n’a cessé de l’orienter vers le bas.

FEU VERT DES ÉQUIPES DE MAINTENANCE DE LION AIR

Les pilotes aux commandes de ce même avion lors de son avant-dernier vol la veille ont connu un problème identique, jusqu’à ce qu’ils utilisent un interrupteur pour couper le système automatique et parviennent manuellement à stabiliser l’appareil, rapporte la KNKT.

“Au cours du vol (de la veille), le vibreur de manche s’est activé durant la phase de décollage et est resté actif durant tout le vol”, est-il écrit dans le rapport. “Cette situation est considérée comme une situation de non-aptitude au vol” et l’avion aurait dû être posé.

Les pilotes ont signalé ce problème aux équipes techniques de Lion Air, qui ont vérifié l’appareil et l’ont autorisé à décoller le lendemain.

Dans un communiqué, Boeing insiste sur les actions des équipes techniques de Lion Air détaillées dans le rapport mais ne met pas explicitement en cause ces employés chargés de la maintenance ni les pilotes.

L’avionneur américain dit que les pilotes lors de l’avant-dernier vol ont suivi la procédure prévue pour empêcher une activation accidentelle du système anti-décrochage. Il relève en revanche que le rapport des enquêteurs indonésiens ne dit pas si les pilotes du dernier vol ont fait de même.

Dans son communiqué, Boeing ne mentionne pas les changements apportés à ce système anti-décrochage sur le 737 MAX, qui, selon les pilotes américains et la KNKT, ne figurent pas dans le manuel d’exploitation de l’appareil.

Le directeur général de Lion Air, Edward Sirait, a dit qu’il suivrait les recommandations des enquêteurs. (Avec Tim Hepher à Paris et Gayatri Suroyo à Djakarta Bertrand Boucey pour le service français, édité par Pierre Sérisier)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below