November 27, 2018 / 5:55 PM / 14 days ago

ENCADRE-L'avenir de la politique énergétique et climatique de la France

PARIS, 27 novembre (Reuters) - Emmanuel Macron et le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, ont dévoilé mardi leur Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la nouvelle “stratégie nationale bas carbone” de la France, soit les deux instruments dessinant l’avenir du pays sur l’énergie et le climat.

QUEL AVENIR POUR LE NUCLÉAIRE ?

Emmanuel Macron a officialisé la date de 2035 comme horizon pour la réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité, soit dix ans après la date retenue dans la loi de transition énergétique adoptée en 2015.

Pour y parvenir, l’exécutif planifie la fermeture de 14 réacteurs au total d’ici à 2035, sur les 58 que compte le parc français, dont quatre à six entre 2025 et 2030.

Autrement dit, aucun réacteur ne sera débranché avant la fin du quinquennat, à l’exception des deux de Fessenheim (Haut-Rhin) dont le sort était déjà scellé.

Après Fessenheim, qui s’éteindra en 2020, les deux premiers réacteurs s’arrêteront en 2025-2026, mais uniquement “si la sécurité d’approvisionnement est assurée et si nos voisins européens accélèrent leur transition énergétique”.

Les fermetures se feront ensuite au rythme d’au moins une par an à compter de 2027 - à condition que cette trajectoire soit confirmée au moment de la prochaine PPE, dans cinq ans.

Elles concerneront en priorité les sites les plus vieux, comme ceux du Tricastin (Drôme), de Gravelines (Nord), du Bugey (Ain), de Dampierre (Loiret) ou de Blaye (Gironde).

Le gouvernement n’a pris aucune décision concernant la construction ou non de nouveaux EPR, faute de “besoin immédiat” et de “recul nécessaire” sur cette technologie expérimentée notamment à Flamanville (Manche) selon Emmanuel Macron.

La question est renvoyée à 2021, le temps de concevoir un plan avec la filière nucléaire.

QU’EN EST-IL DU CHARBON ?

Le gouvernement a confirmé son intention de fermer les quatre dernières centrales à charbon au cours du quinquennat.

QUEL AVENIR POUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES ?

L’exécutif veut porter leur part à 40% de la production d’électricité d’ici à 2030.

Pour développer les filières, l’Etat augmentera ses investissements, d’environ cinq milliards d’euros par an aujourd’hui à 7 à 8 milliards d’euros à l’avenir.

L’objectif est de tripler la production du parc éolien terrestre et de multiplier par quatre celle du solaire photovoltaïque d’ici à 2030.

A l’horizon 2028, la PPE doit permettre de doubler les capacités de production d’électricité renouvelable.

Le premier parc éolien en mer français sera mis en service dans le courant du quinquennat et “quatre nouveaux appels d’offres” seront lancés à la même échéance pour développer cette filière, a précisé Emmanuel Macron.

COMMENT ÉVOLUERA LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE ?

L’exécutif souhaite réduire la consommation finale d’énergie en donnant “un juste prix” au carbone et en améliorant l’efficacité énergétique, notamment grâce à la rénovation de 500.000 bâtiments par an.

En revanche, selon François de Rugy, la consommation d’électricité augmentera de façon “nette” dans les dix ans à venir “du fait de l’électrification d’un certain nombre de consommations d’énergies” dans les transports ou le chauffage.

QUEL SONT LES OBJECTIFS EN MATIÈRE DE GAZ À EFFET DE SERRE ?

La stratégie “bas carbone” reprend l’ambition, assignée par l’ex-ministre Nicolas Hulot, d’atteindre en 2050 la neutralité carbone, qui consiste à équilibrer les émissions de gaz à effet de serre et les capacités à absorber du carbone.

Cet objectif sera d’autant plus difficile à remplir que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse depuis 2015, alors même que le pays se veut l’un des fers de lance dans la lutte mondiale contre le dérèglement climatique.

Pour y arriver, il est nécessaire selon le gouvernement, de “décarboner” la production d’énergie - ce qui exclut les énergies fossiles -, de réduire fortement la consommation ou d’augmenter ce qu’on appelle les “puits de carbone”, naturels comme les forêts ou artificiels.

QUE DEVIENDRA LA VOITURE ÉLECTRIQUE ?

Il est prévu de porter le parc de véhicules électriques à 4,8 millions en 2028 en misant notamment sur la prime à la conversion versée aux automobilistes qui changent de véhicule - un million d’ici à la fin du quinquennat.

QUEL EFFET SUR LA CROISSANCE ?

Selon les projections du gouvernement, le PIB devrait croître de 1,3 point de plus en 2023 et de deux points en 2028 sous l’effet des mesures adoptées dans le cadre de la PPE. (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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