November 27, 2018 / 3:00 PM / 16 days ago

LEAD 1-Un dirigeant de Mitsubishi voit l'alliance Renault-Nissan perdurer

* Réunion au sommet Renault-Nissan cette semaine à Amsterdam

* Les dirigeants discuteront de la présidence Ghosn-source

* Ghosn aurait transféré chez Nissan des pertes personnelles-média (Actualisé avec enquête interne de Renault)

par Maki Shiraki

OKAZAKI, Japon, 27 novembre (Reuters) - L’alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi Motors peut survivre à l’affaire Ghosn car quelle que soit sa forme à l’avenir, les trois groupes automobiles continueront à tirer parti de leur coopération pour développer de nouvelles technologies, a déclaré mardi un dirigeant de Mitsubishi.

“Je ne peux pas dire comment le partenariat à trois pourrait évoluer mais construire des voitures nécessite de plus en plus de nouvelles technologies, le temps où un seul constructeur automobile peut tout gérer tout seul va disparaître”, a déclaré à la presse Mitsuhiko Yamashita, vice-président exécutif de Mitsubishi, qui visitait un centre de R&D à Okazaki, dans le centre du Japon.

“Renault et Nissan ont une histoire commune de près de 20 ans et cela fait bientôt deux ans que Mitsubishi Motors les a rejoints”, a-t-il ajouté. “Les bases sur lesquelles la coopération a été construite deviennent solides donc je suis convaincu que nous pouvons travailler sur ces bases.”

Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, qui assure la présidence par intérim, a déclaré lundi aux salariés du groupe que trop de pouvoirs avaient été concentrés entre les mains de Carlos Ghosn et qu’à l’avenir, une meilleure communication entre le conseil de l’alliance et les dirigeants des entreprises permettrait de préserver l’indépendance des trois constructeurs tout en générant des synergies.

Des responsables de l’alliance se retrouveront cette semaine à Amsterdam - à partir de mercredi selon des sources - afin de voir comment protéger leurs activités conjointes des répercussions de ce dossier, alors qu’une lutte d’influence se profile entre Nissan et Renault.

NOUVEAUX SOUPÇONS CONTRE CARLOS GHOSN, SELON LA PRESSE

L’avenir de Carlos Ghosn à la tête de l’alliance sera aussi discuté, a précisé à Reuters une source chez Nissan.

En détention à Tokyo depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn a été démis de ses fonctions de président de Nissan et de Mitsubishi mais est toujours PDG aussi bien de Renault - où un tandem a été choisi pour assurer l’intérim - que de l’alliance.

Le directeur général de Mitsubishi, Osamu Masuko, a dit lundi qu’il participerait aux entretiens d’Amsterdam par vidéo conférence. Hiroto Saikawa n’a pas encore décidé s’il se rendrait aux Pays-Bas, selon deux sources internes.

Nissan s’est refusé à tout commentaire.

Renault, de son côté, a décidé d’ouvrir son propre audit interne confié à Eric Le Grand, nouveau Chief compliance officer (responsable de la conformité) du groupe au losange, a-t-on appris de trois sources proches de Renault.

Selon deux d’entre elles, l’enquête pourrait durer une à deux semaines et portera sur la rémunération et les avantages attribués à Carlos Ghosn, ainsi que sur ceux de son entourage professionnel immédiat.

Eric Le Grand, dont le nouveau poste a été révélé par les Echos, était jusqu’à présent directeur de la Prévention et de la protection, fonction à laquelle il avait été nommé dans le sillage de l’affaire des faux espions de 2011.

Ingénieur de formation, il a été auparavant directeur de la Sécurité et de la Sûreté du groupe La Poste pendant sept ans, après avoir occupé la fonction de directeur de la Prévention des risques et du développement Durable au sein du groupe PPR, aujourd’hui Kering.

Carlos Ghosn est détenu pour des accusations de fraude fiscale et de détournement de fonds dans le cadre de ses activités chez Nissan. La justice japonaise devra l’inculper d’ici le 12 décembre ou le libérer.

Le quotidien Asahi Shimbun rapporte mardi une nouvelle accusation à l’encontre du président déchu de Nissan, en écrivant que celui-ci aurait transféré au groupe japonais des pertes subies dans le cadre d’investissements personnels lors de la crise financière de 2008, une malversation que les autorités boursières japonaises auraient découverte lors d’un contrôle de routine.

Nissan s’est refusé à tout commentaire. Un porte-parole des autorités boursières a déclaré que les dossiers individuels n’étaient pas commentés. (Avec Laurence Frost et Gilles Guillaume, Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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