November 19, 2018 / 1:41 PM / 24 days ago

PORTRAIT -Carlos Ghosn, l'homme fort de Renault, ébranlé dans son fief nippon

PARIS, 19 novembre (Reuters) - Pendant ses 40 ans de carrière dans l’industrie automobile, Carlos Ghosn a survécu à maintes polémiques sur sa gestion du pouvoir, ses choix stratégiques et sur le niveau de sa rémunération, mais c’est dans son fief japonais de Nissan qu’il se retrouve aujourd’hui ébranlé.

Le constructeur nippon a proposé lundi l’éviction rapide de Carlos Ghosn de ses fonctions de président, celui-ci étant accusé d’avoir dissimulé des revenus, une démarche impensable il y a encore peu vis-à-vis de l’homme fort de Renault, de Nissan et de Renault-Nissan.

Considéré au Japon comme celui qui a sauvé Nissan de la faillite, devenu même un véritable héros de manga, Carlos Ghosn avait plutôt connu jusqu’ici des bourrasques dans l’autre pays de l’alliance, la France.

En 2007, il était ressorti sans dommage apparent du drame des suicides du Technocentre de Renault, puis en 2011 de l’affaire des faux espions accusés à tort par le groupe au losange. Il avait surmonté en 2015 le bras de fer avec Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, sur les droits de vote double de l’Etat au capital de Renault ou encore survécu l’année suivante au camouflet infligé par l’assemblée générale du constructeur français sur son salaire.

A chaque fois, ce polyglotte aussi à l’aise au Brésil, son pays de naissance, en France, où il a fait Polytechnique et Les Mines, ou encore au Japon, avait su se montrer irremplaçable pour assurer la cohésion de l’alliance Renault-Nissan qu’il a forgée en 2002 et dirigée depuis.

INFRACTIONS GRAVES

Carlos Ghosn a commencé sa carrière chez Michelin, avant de rejoindre Renault en 1996, où il s’est forgé une réputation de “cost killer”, puis Nissan, dont il deviendra directeur général en 1999 lors de l’entrée du groupe au losange au capital du constructeur japonais. Il prend en 2005 une fonction similaire chez Renault, dont il devient quatre ans plus tard PDG.

Il occupe aujourd’hui encore ce poste, auquel il a été reconduit cette année pour un nouveau mandat de quatre ans qu’il a promis de mettre profit pour avancer sur le dossier sensible du renforcement de l’alliance entre Renault et Nissan, afin de garantir la pérennité de cet édifice inédit au-delà de la génération des dirigeants actuels, à commencer par lui-même.

Ce vétéran de l’industrie automobile a su rebondir en 2010 face aux critiques sur la stratégie de la gamme Renault en recrutant Laurens van den Acker pour moderniser le style des voitures. Il a également su anticiper la vague actuelle des véhicules électriques en lançant des modèles Nissan et Renault sans moteur essence dès 2012 et 2013.

En revanche, si la question de son généreux salaire a toujours suscité la controverse en France parmi les élus et les syndicats - sa rémunération de 7,4 millions d’euros chez Renault au titre de 2017 a été votée de justesse - c’est au Japon que le torchon brûle désormais sur son rapport à l’argent.

Nissan annoncé lundi faire en sorte de mettre fin rapidement aux fonctions de Carlos Ghosn, son président, après avoir découvert qu’il a utilisé de l’argent du groupe automobile japonais à des fins personnelles et commis d’autres infractions graves.

Carlos Ghosn s’est vu octroyer 9,2 millions d’euros pour sa dernière année comme directeur général de Nissan, fonction qu’il a cédée l’an dernier pour ne conserver que la présidence de l’allié japonais de Renault. (Avec Mark Potter, édité par Benoît Van Overstraeten)

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