November 18, 2018 / 8:15 PM / a month ago

LEAD 2-Gubitosi nommé à la tête de Telecom Italia, Genish riposte

* Luigi Gubitosi a été désigné à la majorité, Vivendi a voté contre

* Amos Genish appelle les actionnaires à se prononcer sur la stratégie (Actualisé avec déclarations Amos Genish et source)

par Giselda Vagnoni et Agnieszka Flak

ROME/MILAN, 18 novembre (Reuters) - Telecom Italia a nommé dimanche à sa tête l’entrepreneur italien Luigi Gubitosi, mais la “saga” de l’opérateur historique pourrait connaître un nouveau rebondissement, son prédécesseur appelant à un vote des actionnaires sur la stratégie.

Le nouvel administrateur délégué remplace Amos Genish, troisième patron de Telecom Italia à quitter son poste en autant d’années, qui a été limogé en début de semaine alors qu’il était en déplacement en Asie sur fond de désaccord avec certains membres du conseil d’administration sur la stratégie.

Amos Genish, qui reste administrateur de TIM, a déclaré qu’il chercherait à rallier les investisseurs en vue de demander la convocation d’une assemblée générale extraordinaire pour contester le virage stratégique de l’opérateur. Un soutien d’investisseurs représentant 5% du capital est nécessaire pour demander la tenue de la réunion.

Spécialiste des télécoms et allié du principal actionnaire Vivendi, Amos Genish était engagé dans la mise en oeuvre d’un plan stratégique à trois ans se concentrant sur la transformation numérique de l’opérateur et sur l’assainissement de ses finances. Le projet avait reçu l’approbation de 98% des actionnaires en avril.

Mais le mois suivant, le fonds activiste Elliott a changé la donne en mettant le français Vivendi en minorité au conseil. Plusieurs administrateurs nommés à l’initiative du fonds ont alors demandé au dirigeant de se concentrer davantage sur le scénario d’une scission du réseau fixe de TIM et sur des cessions d’actifs, d’après plusieurs sources.

Amos Genish a fait valoir dimanche qu’il revenait à l’ensemble des actionnaires de se prononcer sur des changements d’une telle ampleur, et non à un groupe restreint de personnes.

“Choisir entre deux stratégies claires : scinder le groupe, vendre des actifs stratégiques, démanteler TIM (...) et ma conviction de poursuivre la croissance organique et les améliorations; les seuls qui peuvent choisir entre ces deux options sont les actionnaires”, a-t-il dit à des journalistes, ajoutant qu’il chercherait à demander la tenue de la réunion aussi rapidement que possible.

VIRAGE STRATÉGIQUE

Ancien dirigeant de l’opérateur télécoms Wind et aujourd’hui commissaire désigné par l’Etat au sein de la compagnie aérienne en difficultés Alitalia, Luigi Gubitosi siégeait déjà au conseil de TIM comme administrateur indépendant sur proposition du fonds Elliott. Après sa désignation, il n’est plus administrateur indépendant.

Il prend la tête d’un groupe lesté de 25 milliards d’euros de dettes et confronté à une concurrence redoublée depuis l’entrée sur le marché italien de l’opérateur français Free, filiale d’Iliad.

A sa sortie du conseil d’administration, Luigi Gubitosi a fait valoir que TIM jouissait d’une grande histoire et d’une grande expertise qui lui permettraient de “remporter les défis du marché, de doper la génération de trésorerie, de réduire la dette et d’étudier avec soin et célérité le projet de création d’un réseau unique”.

La scission proposée par Elliott pourrait aboutir à la création d’une seule infrastructure fixe, en combinant le réseau de TIM et les actifs de son concurrent Open Fiber, soutenu par l’Etat italien.

Le nouveau gouvernement italien, arrivé au pouvoir en juin, a fait du déploiement d’un réseau internet rapide l’une des priorités de son programme et il prépare des mesures en vue de créer un acteur de réseau unique pour le pays.

Le rôle joué par Luigi Gubitosi chez Alitalia pourrait en faire l’homme de la situation pour négocier avec les pouvoirs publics, ont plaidé plusieurs sources au fait du dossier.

Vivendi a voté contre sa désignation, a indiqué un porte-parole du groupe contrôlé par Vincent Bolloré (Bolloré ), ajoutant qu’il revenait aux actionnaires de décider quel était le conseil le plus approprié pour façonner l’avenir du groupe.

L’actionnaire devrait soutenir l’appel d’Amos Genish à convoquer une assemblée générale extraordinaire, a précisé une source au fait du dossier.

Gwénaëlle Barzic pour le service français Édité par Henri-Pierre André

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