November 12, 2018 / 9:54 AM / in a month

GRAPHES-Les résultats du T3 handicapent les actions européennes

* Les pressions sur les marges pèsent sur les résultats en Europe

* Moins de bonnes surprises

* Les révisions au plus bas depuis deux ans

* Les réactions boursières plus marquées que d’habitude

* Des espoirs pour 2019

par Helen Reid

LONDRES, 12 novembre (Reuters) - Pour les entreprises européennes, la cuvée des résultats financiers du troisième trimestre s’annonce comme la plus mauvaise depuis près de trois ans en raison du ralentissement économique et de l’augmentation des coûts, ce qui risque de saper un peu plus la confiance des investisseurs.

Les marchés actions d’Europe ont déjà subi à plusieurs reprises ces dernières semaines de fortes secousses au cours de séances animées par des publications de résultats. De grande entreprises, dans le secteur automobile, celui des matériaux de construction ou celui du transport aérien, ont mis en garde contre le risque de dégradation des marges, sur fond de tensions commerciales et de ralentissement de la croissance.

“La dynamique macroéconomique s’est inversée plus nettement qu’on ne le pensait et je crois que cela se reflète sur les chiffres (des résultats)”, résume Caroline Simmons, directrice adjointe des activités de banque d’investissement d’UBS Wealth Management.

La proportion de sociétés européennes ayant dépassé les attentes a été, au troisième trimestre, la plus faible depuis le quatrième trimestre 2015 selon les données I/B/E/S Refinitiv.

En conséquence, la révision à la baisse des estimations par les analystes financiers des bénéfices de l’indice Stoxx 600 a été la plus forte depuis juillet 2016. Un mouvement qui a débuté bien avant les publications, ce qui suggère que la confiance s’était déjà dégradée.

“La principale raison pour laquelle la saison des trimestriels apparaît moins solide qu’à l’habitude, c’est l’absence de très bons résultats, davantage que le nombre plus important de grosses déceptions”, estiment les analystes de Morgan Stanley.

Les profits du Stoxx 600 au troisième trimestre sont attendus en hausse de 15,8% sur un an et se dirigent vers une croissance de 8,4% sur l’ensemble de 2018, après +12,2% en 2017.

Ce ralentissement s’explique entre autres par la hausse des coûts des entreprises: ceux des matières premières et de l’énergie ont nettement augmenté ces derniers mois tandis que la progression des salaires s’accélérait, le tout sur fond de montée des barrières commerciales, synonyme d’accroissement des tensions inflationnistes.

Les exemples ne manquent pas, qu’il s’agisse du cimentier LafargeHolcim, qui a invoqué la hausse du pétrole et des coûts de transport pour justifier l’abaissement de ses prévisions, ou des constructeurs automobiles allemands Daimler et BMW, qui ont réduit leurs objectifs de bénéfices pour intégrer l’augmentation des tarifs douaniers et le ralentissement du marché chinois.

Les mauvaises surprises sont aussi venues des équipementiers automobiles comme Michelin, Nokian et Valeo , qui ont souffert de ventes en berne.

Le retour de la volatilité sur les marchés mondiaux et le mouvement de correction enclenché au moment même où débutaient les publications n’ont évidemment fait qu’amplifier les réactions des investisseurs à ces annonces, avec parfois des chutes spectaculaires.

Jeudi dernier, le groupe allemand de télévision Prosiebensat a ainsi chuté de 15%, au plus bas depuis plus de six ans, le marché sanctionnant l’annonce d’une diminution du dividende.

Le même jour, le conglomérat industriel Siemens devait se contenter d’une hausse de 0,7% en dépit de résultats supérieurs aux estimations du marché.

Selon UBS, les sociétés qui ont raté le consensus affichent les pires performances des quatre derniers trimestres.

Goldman Sachs relève de son côté que les variations boursières en réaction aux publications de résultats avoisinent 4% à la hausse ou à la baisse contre 3,1% en moyenne depuis 2003.

Malgré les déceptions et les sanctions boursières, certains observateurs croient possible une reprise en Europe au cours des dernières semaines de cette année et début 2019, en partie dans le sillage de Wall Street.

La croissance des bénéfices devrait être plus forte en Europe qu’aux Etats-Unis l’an prochain, ce qui devrait raviver l’intérêt des investisseurs pour les valeurs européennes.

“Quand on regarde les graphiques à long terme, la surperformance relative entre les Etats-Unis et l’Europe et les marges bénéficiaires, on peut s’attendre, à un horizon de cinq ans, à ce qu’ils commencent à converger”, dit Andrew Milligan, directeur de la stratégie d’Aberdeen Standard Investments.

“Les catalyseurs nécessaires dont on a besoin seraient un début de remontée des indices PMI et des signes montrant que les négociations entre l’Italie et Bruxelles tendent au moins à se stabiliser au lieu de dégénérer”, ajoute-t-il.

Un compromis entre les Etats-Unis et la Chine sur le commerce international pourrait aussi bénéficier à la zone euro, avec à la clé un soutien aux flux d’investissement.

“Les attentes sont tellement faibles en matière de croissance en Europe que celle-ci pourrait bien surprendre l’an prochain”, dit Chris Bailey, stratège Europe de Raymond James.

“Les perspectives pour l’an prochain en matière de flux des fonds sont beaucoup plus positives hors des Etats-Unis qu’aux Etats-Unis”, ajoute-t-il, précisant privilégier les marchés émergents et l’Europe.

Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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