November 1, 2018 / 4:18 PM / 16 days ago

LEAD 1-GB-Statu quo sur les taux, la BoE évasive sur le post-Brexit

* La BoE vote le maintien des taux à l’unanimité

* Les taux peuvent aller dans les 2 sens après un Brexit dur

* L’économie tournerait au-delà de ses capacités avant août

* La BoE voit 3 hausse de taux en 3 ans selon ses hypothèses (Actualisé avec précisions, commentaires de Mark Carney)

par David Milliken et Alistair Smout

LONDRES, 1er novembre (Reuters) - La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé jeudi son taux directeur inchangé et a laissé entendre que les hausses de taux à venir seraient un peu plus rapides si le Brexit se passait bien, tout en avertissant que tout serait à revoir si la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ne se faisait pas en douceur.

Les neuf membres du comité de politique monétaire ont voté pour le maintien du taux d’intervention à 0,75%, comme prévu par les économistes interrogés par Reuters, après l’avoir relevé en août pour la deuxième fois seulement depuis la crise financière.

Le gouverneur de la BoE Mark Carney a dit qu’un Brexit sans accord n’était pas l’hypothèse centrale de la banque mais qu’en cas de choc pour l’économie, il n’était pas possible de dire dans quelle direction il faudrait faire évoluer les taux.

La question du Brexit domine le paysage de la cinquième économie mondiale, qui a vu sa croissance ralentir depuis le référendum pour une sortie de l’UE de juin 2016. La plupart des économistes n’attendent pas de hausse des taux avant mi-2019.

“Puisque les modalités de la sortie de l’UE ne sont pas connues pour le moment, et que son impact sur l’équilibre de la demande, de l’offre et les taux de changes ne peut pas être déterminé à l’avance, la réponse en termes de politique monétaire ne sera pas automatique et pourrait aller dans les deux sens”, a déclaré Mark Carney lors d’une conférence de presse.

L’une des options, a-t-il dit, serait de repousser l’horizon auquel l’inflation devrait atteindre l’objectif de la BoE, ce qui irait dans le sens d’un rythme plus lent de hausse des taux.

LA CONSOMMATION RÉSISTE, L’INVESTISSEMENT CALE

D’un autre côté, un Brexit “perturbateur” entraînerait probablement une dépréciation de la livre sterling et pousserait l’inflation à la hausse. Associé aux problèmes créés dans la chaîne d’approvisionnement et à de probables droits de douanes, cela jouerait en faveur d’un relèvement des taux.

Mais la BoE a souligné que les responsables de la politique monétaire devraient compenser l’impact négatif sur la croissance d’une contraction à prévoir de l’activité commerciale, de l’incertitude et de conditions de financement moins favorables. Cela justifierait en toute logique une baisse des taux.

La livre sterling s’est légèrement appréciée face au dollar juste après les annonces de la BoE, avant de retomber rapidement à son niveau d’avant le communiqué de la banque.

La BoE a noté en outre que les dépenses des consommateurs avaient mieux résisté qu’elle ne l’anticipait mais que les entreprises attendaient plus de clarté sur le Brexit pour investir.

Si le Brexit se déroule sans accroc, l’économie connaîtra vraisemblablement une croissance de l’ordre de 1,75% par an, observe la banque centrale, ce qui reste inférieur au taux habituel de plus de 2% qui prévalait avant que les Britanniques ne décident par référendum de quitter l’UE le 23 juin 2016.

Mais la BoE estime que l’économie britannique tourne à plein régime et qu’il faudra trois ans pour que l’inflation retombe de 2,4%, son niveau actuel, à son objectif de 2%.

Elle considère que l’économie devrait commencer à tourner au-delà de ses capacités à la fin de 2019, avant la date qu’elle prévoyait en août, ce qui exercera une pression inflationniste.

Ces craintes sur l’inflation existent malgré des anticipations de près de trois relèvements de taux d’un quart de point en trois ans, au lieu d’un peu plus d’un anticipé en août.

Un accord global sur les relations post-Brexit entre Londres et Bruxelles est “fermement en vue”, a déclaré mercredi le ministre du Brexit Dominic Raab, laissant entendre que cet accord pourrait être finalisé d’ici au 21 novembre.

Toutefois, le gouvernement britannique et un responsable de l’Union européenne ont démenti jeudi des informations du Times selon lesquelles un accord était pratiquement bouclé sur les services financiers. (Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service français)

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