October 30, 2018 / 11:08 AM / 22 days ago

LEAD 1-France-La croissance accélère moins que prévu au 3e trimestre

    * 0,4% de croissance contre 0,5% attendu
    * L'économie française retrouve la moyenne européenne
    * La consommation déçoit malgré son rebond 

 (Actualisé avec commentaire d'économistes)
    PARIS, 30 octobre (Reuters) - La croissance de l'économie
française a accéléré un peu moins que prévu au troisième
trimestre malgré un rebond de la consommation des ménages et un
investissement toujours très dynamique des entreprises, selon la
première estimation publiée mardi par l'Insee.
    Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%,
un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au
premier comme au deuxième trimestres, qui constituait un point
bas depuis l'été 2016.
    Pour François Cabau, économiste de la Banque Barclays,
l'économie française "retrouve le niveau de croissance qu'elle
doit avoir à ce stade du cycle économique". 
    Elle devrait revenir ainsi dans la moyenne de la zone euro
après son "trou d'air" du premier semestre, dû à un calendrier
fiscal défavorable et aux grèves du printemps dans les
transports. 
    Les économistes interrogés par Reuters et la Banque de
France anticipaient en moyenne une hausse de 0,5% du PIB du 3e
trimestre, de même que l'Insee dans sa dernière note de
conjoncture où l'institut a ramené sa prévision sur
l'ensemble de 2018 de 1,7% à 1,6% pour tenir compte du début
2018 décevant.
    L'acquis de croissance pour 2018, à savoir l'évolution du
PIB si l'activité stagnait au cours du dernier trimestre, se
situait à 1,5% au 30 septembre.
    A ce niveau, l'objectif de 1,7% du gouvernement nécessitera
une nouvelle accélération du PIB à au moins +0,7%, voire plutôt
0,8% au 4e trimestre pour être atteint, alors que l'Insee
l'anticipe pour l'instant calé à +0,4%.
    En attendant, la croissance a été soutenue au troisième
trimestre par une demande intérieure solide, avec une
consommation des ménages qui s'est redressée de 0,5% - après une
rare baisse de 0,1% au 2e trimestre - et un investissement des
entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement
annuel.
    
    PRUDENCE DES MÉNAGES
    "On a une légère déception sur le chiffre global de la
croissance mais dans le détail, c'est plutôt solide", juge
Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas.
    "Le rebond de la consommation des ménages est peut être
légèrement inférieur aux attentes (NDLR, l'Insee l'attendait à
+0,7%) mais c'est plus que contrebalancé par l'investissement
des entreprises, qui surprend positivement", dit-elle.
    Stéphane Colliac, économiste France de l'assureur crédit
Euler Hermes, pointe de son côté la prudence des ménages, alors
que le débat sur leur pouvoir d'achat continue de faire rage.
    "On a un juste retour à la normale de la consommation mais
pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier
trimestre 2017"", souligne-t-il, "une hausse de 0,5% c'est bien
le moins qu'on puisse avoir après la chute des dépenses dans les
transports au deuxième trimestre".
    Il fait valoir en outre que l'investissement des ménages,
pour l'essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2%
sur le trimestre et stagne depuis le début de l'année après son
bond de 5,6% en 2017. 
    "C'est un atterrissage brutal", dit l'économiste.
     Le gouvernement mise sur le début de la baisse de la taxe
d'habitation, la suppression des cotisations chômage et maladie,
et la hausse des minima sociaux, toutes choses devant intervenir
au quatrième trimestre, pour démontrer qu'il tient ses promesses
de hausse du pouvoir d'achat.
    De fait, l'Insee a prévu ainsi un bond de 1,7% de celui-ci
sur les trois derniers mois de l'année. 
    Les anticipations opposées des économistes interrogés par
Reuters sur l'utilisation de ce gain, pour épargner ou pour
consommer, expliquent que leurs prévisions de croissance pour le
quatrième trimestre se situent pour l'instant majoritairement
entre 0,4% et 0,6%.
       
    Le communiqué sur le site de l'Insee here.
    
    Voire aussi 
    Zone euro - La croissance a ralenti plus que prévu au 3e
trimestre, à +0,2%
    
 Le point sur la conjoncture française          
 Les chiffres clés de l'économie        tmsnrt.rs/2B7G9qP
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)
  
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