October 29, 2018 / 2:10 PM / 15 days ago

GESTION-Les facteurs ESG, remède contre le populisme-Candriam

PARIS, 29 octobre (Reuters) - L’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) est devenue une nécessité pour les investisseurs face à la montée des populismes, fait valoir Nicolas Forest, responsable de l’obligataire pour la société de gestion Candriam.

Plus que jamais populaire, le populisme se manifeste concrètement par la remise en cause de l’indépendance des banques centrales, par la critique des institutions supranationales et par la montée du protectionnisme, écrit Nicolas Forest dans une note publiée lundi, au lendemain de l’élection du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil.

La progression des inégalités est à l’origine de cet essor du populisme, fait valoir Nicolas Forest, qui cite une étude de l’organisation internationale Oxfam selon laquelle 82% des richesses créées l’année dernière ont bénéficié aux 1% les plus riches de la population mondiale.

“La mise en place des programmes exceptionnels d’achat d’actifs par les banques centrales ont certes sauvé le système financier mais n’ont en rien corrigé cette montée des inégalités, devenue le terreau des partis populistes”, écrit-il.

Le populisme a un impact évident pour l’investisseur obligataire, notamment parce qu’il pousse à l’expansion budgétaire, menaçant ainsi de peser sur la capacité des Etats à rembourser leur dette, lit-on dans la note.

Nicolas Forest rappelle en outre que la volonté d’un État de rembourser sa dette dépend fortement de la qualité de sa gouvernance et de sa capacité à respecter des engagements.

“La montée du populisme pourrait fragiliser cette volonté”, estime Nicolas Forest avant de plaider pour les critères ESG.

“En tant qu’investisseur obligataire, il est plus que jamais indispensable d’intégrer des facteurs de gouvernance, sociaux mais aussi environnementaux dans son analyse”, dit-il.

Cette analyse doit notamment intégrer le degré de corruption d’un pays, le degré de liberté et le respect des libertés civiles, l’indépendance des banques centrales et le respect des institutions, sans oublier la protection sociale et la distribution des richesses ainsi que le respect de l’environnement, précise-t-il.

“La montée des inégalités, la dégradation de la gouvernance et les risques systémiques liés au changement climatique conduiront malheureusement à des défauts de paiement dans les années à venir”, prévient Nicolas Forest.

“Dès lors, l’intégration des critères ESG dans la gestion obligataire n’est donc plus une option : c’est devenu une nécessité et l’essor du populisme une alerte pour l’investisseur.” (Patrick Vignal, édité par Véronique Tison)

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