October 29, 2018 / 1:05 PM / a month ago

LEAD 3-Après l'échec électoral en Hesse, Merkel va abandonner la tête de la CDU

* “Ce mandat est mon dernier en tant que chancelière”, annonce Merkel

* En cas de scrutin anticipé, elle ne sera pas candidate

* La chancelière, au pouvoir depuis 2005, admet que son gouvernement a perdu en crédibilité

* Le congrès de la CDU aura lieu début décembre à Hambourg

* Annegret Kramp-Karrenbauer candidate à la tête de la CDU (Actualisé avec Merkel, candidats à la succession)

par Andreas Rinke et Paul Carrel

BERLIN, 29 octobre (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé lundi, après un nouveau revers électoral de son parti dans le Land de Hesse, que son mandat actuel à la tête du gouvernement allemand serait le dernier et qu’elle renonçait à se représenter en décembre à la présidence de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), un poste qu’elle occupe depuis dix-huit ans.

S’adressant aux instances dirigeantes du parti conservateur puis devant la presse, elle a toutefois souligné qu’elle entendait rester à la chancellerie jusqu’à la fin de son mandat en 2021. Angela Merkel, 64 ans, est à la tête du gouvernement allemand depuis 2005.

Elle a souligné qu’elle ne briguerait pas la chancellerie dans trois ans, ni même en cas d’élection anticipée avant cette date, pas plus qu’une autre fonction politique, y compris au niveau européen.

“Ce mandat est mon dernier en tant que chancelière”, a-t-elle dit devant la presse. “Je ne solliciterai aucune fonction politique après la fin de mon mandat en 2021.”

Affirmant avoir pris sa décision avant les vacances parlementaires cet été, elle a dit assumer la responsabilité des revers électoraux de ces derniers mois, reconnaissant que le gouvernement avait perdu de sa crédibilité, et a promis de réévaluer le bilan de sa coalition gouvernementale à mi-mandat.

“Je crois que nous avons besoin de tourner la page”, a-t-elle encore dit, alors que les alliés de sa “Grande Coalition” ont essuyé à quinze jours d’intervalle de sérieux revers électoraux aux scrutins régionaux en Bavière puis dans le Land de Hesse.

L’annonce qu’elle ne briguerait pas la présidence de la CDU a provoqué un bref recul de l’euro et une hausse du rendement de la dette d’Etat allemande.

Aussitôt la nouvelle connue, la secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, une proche d’Angela Merkel surnommée AKK, s’est dite prête à se porter candidate à la présidence du parti lors du congrès prévu début décembre à Hambourg, ont rapporté des sources internes à la CDU.

Le ministre de la Santé, Jens Spahn, s’est lui aussi mis sur les rangs. Friedrich Merz, ancien chef du groupe parlementaire conservateur au Bundestag, pourrait également être candidat.

“Nous continuons à voir les conséquences des erreurs commises par Merkel en 2015, lors de la crise des migrants: l’érosion progressive et continuelle de son assise politique”, a commenté Carsten Nickel, directeur général de l’agence d’analyses politiques Teneo. “Plutôt que d’un risque d’instabilité en Allemagne et en Europe, il faudrait plutôt parler de la poursuite du vide politique actuel.”

CDU ET SPD POURSUIVENT LEUR CHUTE

Ces développements interviennent au lendemain de la nouvelle hémorragie électorale enregistrée par la CDU aux élections régionales dans le Land de Hesse. L’un de ses partenaires au pouvoir, le Parti social-démocrate (SPD), a également subi de lourdes pertes.

L’Union chrétienne-démocrate (CDU) a obtenu 27% des voix alors qu’elle en avait obtenu 38,3% lors du précédent scrutin, en 2013. Le SPD, lui, passe de 30,7% à 19,8% - son plus mauvais score dans ce Land - et se retrouve à égalité avec les Verts. Comme en Bavière il y a deux semaines, les écologistes comptent parmi les grands gagnants de ce scrutin.

Avec 13,1%, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) continue de progresser et fait son entrée au parlement régional de Wiesbaden. Le parti, qui siège également au Parlement fédéral depuis les élections législatives de septembre 2017, est désormais représenté dans la totalité des législatures des seize Länder allemands.

Les résultats enregistrés dimanche devraient permettre à la CDU de rester au pouvoir en Hesse, soit en reconduisant son alliance avec les Verts, soit en s’associant au SPD.

Ces élections pourraient également avoir de lourdes conséquences pour le SPD, qui enregistre lui aussi un cinglant revers deux semaines après son recul historique en Bavière.

Le SPD, qui avait dans un premier temps exclu toute nouvelle “Grande Coalition” (Grosse Koalition, GroKo) avec le bloc conservateur CDU-CSU après les élections législatives de septembre dernier, a finalement accepté en mars, après bien des hésitations, de reconduire l’expérience. Depuis, son influence électorale ne cesse de s’éroder.

Cette situation pourrait faire exploser la GroKo, de nombreux sociaux-démocrates estimant aujourd’hui qu’il serait préférable de retourner dans l’opposition. (avec Joseph Nasr Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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