October 17, 2018 / 2:28 PM / a month ago

Les marchés et la Fed en désaccord sur l'inflation-Aurel BGC

PARIS, 17 octobre (Reuters) - Le marché obligataire américain n’intègre pas pour l’instant un risque d’accélération de l’inflation aux Etats-Unis, ce qui contredit le discours de la Réserve fédérale et soulève des interrogations à la fois sur l’évolution des taux et celle des marges des entreprises, estiment les économistes d’Aurel BGC.

“Ce sont les taux réels qui ont monté, pas les anticipations d’inflation” avec la hausse récente des rendements obligataires, a souligné Christian Parisot, directeur de la recherche de l’intermédiaire, lors d’un point sur la situation économique.

“Sur le marché obligataire, les anticipations d’inflation ne sont pas remontées. M. Trump a raison quand il dit que la Fed monte ses taux alors qu’il n’y a pas d’inflation.”

“On n’est donc pas du tout sur la même longueur d’onde entre le marché obligataire et la Fed pour l’instant, ce qui n’est jamais bon”, a-t-il ajouté.

La Fed a confirmé fin septembre son intention de poursuivre la remontée graduelle des taux d’intérêt et son président, Jerome Powell, a évoqué depuis des perspectives “remarquablement positives” pour l’emploi et pour l’inflation.

Alors que plusieurs facteurs semblent de nature à favoriser la hausse des prix aux Etats-Unis, comme la remontée des cours du pétrole et les tensions sur le marché du travail, qui favorisent la hausse des salaires, “ça n’est pas suffisant car les entreprises ont le sentiment qu’elles ne vont pas pouvoir relever leurs prix de vente”, poursuit l’économiste.

LES ENTREPRISES HÉSITENT À RELEVER LES PRIX

Il explique la réticence des entreprises à relever les prix, entre autres, par le recul des profits avant impôt des entreprises et par les difficultés actuelles du secteur de la distribution traditionnelle, illustrées cette semaine par la mise en faillite de Sears.

“On sent que la pression du e-commerce fait qu’il y a des difficultés à répercuter la hausse des coûts” chez les distributeurs, donc en bout de chaîne, ajoute Christian Parisot.

Il cite aussi l’exemple de Nike, qui a récemment révisé à la baisse sa prévision de marge pour les prochains mois en expliquant s’attendre à une hausse des coûts, salariaux et non salariaux, sans pouvoir relever ses prix de vente.

Au final, résume-t-il, “la Fed perçoit bien les pressions inflationnistes, elle perçoit bien la hausse des coûts des entreprises, mais il manque le dernier étage, celui de la hausse des prix”.

A ce facteur s’ajoute le risque d’un choc d’inflation brutal, qui pourrait être déclenché par la hausse des droits de douane, susceptible de “casser” les anticipations d’inflation, pour l’instant bien ancrées.

“Powell n’est pas à l’aise avec la situation actuelle: il reconnaît qu’on est pour l’instant dans une situation non-inflationniste mais ne sait pas si elle est durable.”

“C’est un élément important, qui est beaucoup plus ‘bearish’, à mon avis, que ne l’interprètent les marchés aujourd’hui”, souligne Christian Parisot.

Marc Angrand, édité par Patrick Vignal

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