October 9, 2018 / 8:20 PM / 8 days ago

POINT MARCHÉS-La conjoncture mondiale freine Wall Street (actualisé)

NEW YORK, 9 octobre (Reuters) - Wall Street a fini dans le rouge la séance de mardi, plombée par le Fonds monétaire international (FMI) qui a revu en baisse ses prévisions de croissance de l’économie mondiale cette année et la suivante sur fond de montée des incertitudes liées aux tensions commerciales et à la situation de certains pays émergents.

La baisse des rendements obligataires a toutefois limité les pertes et le Nasdaq est parvenu à terminer stationnaire, soutenu par les valeurs high tech.

Le FMI estime notamment que les Etats-Unis et la Chine ressentiront l’an prochain l’essentiel des retombées de leur guerre commerciale et pour ce motif il a révisé en baisse ses prévisions de croissance de 2019 des deux pays.

De surcroît, le président américain Donald Trump a renouvelé sa menace d’imposer à nouveau des droits de douane sur 267 milliards de dollars de produits chinois importés si Pékin répliquait aux dernières taxes américaines.

“Si les industrielles et les matières premières sont alourdies parce qu’on craint pour la croissance économique mondiale, c’est de mauvais augure pour le marché dans son ensemble puisque les entreprises du S&P-500 réalisent la moitié environ de leurs affaires à l’étranger”, observe Mark Luschini (Janney Montgomery Scott).

L’indice Dow Jones cède 56,21 points (0,21%) à 26.430,57 points. Le S&P-500, plus large, perd 4,09 points (0,14%) à 2.880,34 points. Le Nasdaq Composite gagne de son côté 3,78 points (0,05%) à 7.739,73 points.

VALEURS

Le secteur industriel (-1,51%) a de fait très mal accueilli les projections du FMI, à l’exemple de Caterpillar , qui laisse 2,5%.

Le secteur technologique en revanche progresse de 0,35%, les hausses des entreprises du logiciel ayant plus que compensé les baisses des valeurs des semiconducteurs, qui comptent les firmes chinoises parmi leurs principaux clients.

Dans le compartiment de la communication (-0,18%), Alphabet (-0,93%) a aggravé ses pertes de lundi, quand il avait annoncé qu’il fermait son réseau social Google+ et qu’il encadrait davantage le partage de données après avoir découvert que certaines données d’au moins 500.000 utilisateurs avaient pu être exposées à des centaines de développeurs externes.

American Airlines elle décroche de 6,5% après avoir annoncé que les coûts du carburant avaient été plus élevés que prévu au troisième trimestre, faisant craindre que ces charges ne l’emportent sur des billets en hausse. Elle entraîne l’indice sectoriel dans sa chute, celui-ci abandonnant 3%.

Mais le secteur qui a subi la plus grosse perte est celui des matières premières (-3,4%, plus forte perte depuis le 8 février), plombé par le recul des sociétés chimiques consécutif à un avertissement sur résultats de PPG Industries , qui lâche 10%.

A l’opposé, l’indice du secteur de l’énergie (+0,99%) affiche le plus gros gain de la journée, en raison d’une baisse des exportations pétrolières iraniennes et de l’arrêt de la production d’une partie des plate-formes du Golfe du Mexique en raison de l’ouragan Michael.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les principales Bourses européennes ont terminé en hausse mardi, le rebond du Nasdaq après trois séances de repli et la hausse des cours des matières premières ayant en partie apaisé les inquiétudes sur la croissance qui avaient dominé le début de journée, tandis que les rendements obligataires se détendaient.

À Paris, le CAC 40 a clôturé sur une progression de 0,35% (18,3 points) à 5.318,55 points, après avoir perdu jusqu’à 0,75%. A Londres, le FTSE 100 a gagné 0,06% et à Francfort, le Dax a progressé de 0,25%. L’indice EuroStoxx 50 a pris 0,36%, le FTSEurofirst 300 0,34% et le Stoxx 600 0,19%.

En Europe, la plus forte hausse sectorielle est pour l’énergie, tirée par la progression des cours du pétrole. TechnipFMC a repris 3,81%, la meilleure performance du CAC. Le compartiment des matières premières a gagné 1,16%.

L’indice Stoxx des hautes technologies a quant à lui progressé de 0,64% dans le sillage du Nasdaq. Et ceux de l’immobilier (+1,06%) et des services aux collectivités (“utilities”) (+0,41%) ont bénéficié du reflux des rendements obligataires américains et européens.

TAUX

Les taux de rendement longs se sont repliés dans un marché heurté, les investisseurs ayant choisi de marquer une pause après avoir liquidé le papier obligataire au point d’avoir porté les rendements à des pics de plusieurs années.

Le marché était fermé lundi pour le Columbus Day.

Le rendement à 10 ans a atteint un sommet de sept ans et demi, celui du 30 ans de plus de quatre ans et celui à sept ans de plus de huit ans séance, mais la tendance s’est ensuite inversée.

Pour autant, le repli des rendements sera limité dans la mesure où le Trésor doit adjuger mercredi et jeudi pour 74 milliards de dollars de papier à trois, 10 ans et 30 ans, font valoir les traders.

Le rendement du 10 ans a reflué à 3,204% contre 3,227% vendredi, après avoir atteint 3,261% en séance, au plus haut depuis mai 2011.

Le rendement du 30 ans était à 3,363%, après une pointe à 3,446%, au plus haut depuis juillet 2014, contre 3,397% vendredi.

Tassement aussi du sept ans à 3,148%, après une montée à 3,199%, du jamais vu depuis huit ans et demi.

CHANGES

Ce rétrogradage des rendements obligataires a affecté un dollar qui avait inscrit un plus haut de sept semaines contre un panier de devises de référence.

L’indice du dollar cédait 0,11% à 95,651, après un pic à 96,155.

Le billet vert a pâti de la remontée du sterling à la suite d’une information voulant que l’Union européenne et le Royaume-Uni aient progressé sur la voie d’un accord en vue du Brexit et puissent régler les termes du divorce d’ici lundi prochain.

Le sterling a gagné 0,41% à 1,3147 dollar et 0,36% à 87,45 pence par euro.

L’euro a touché un plus bas de sept semaines de 1,14325 dollar avant de remonter et de grignoter 0,08% à 1,1500 dollar.

PETROLE

Les cours du pétrole ont terminé en hausse mardi sur le marché new-yorkais Nymex car il semble de plus en plus que les exportations iraniennes fléchissent avant même l’imposition de nouvelles sanctions américaines, attendues pour le 4 novembre.

A SUIVRE MERCREDI : (Avec Shreyashi Sanyal, Sinead Carrew, Richard Leong, Gertrude Chavez-Dreyfuss et Stephanie Kelly à New York, Christopher Johnson à Londres et Aaron Sheldrick à Tokyo Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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