October 8, 2018 / 8:28 PM / 2 months ago

POINT MARCHÉS-Wall Street finit dans le désordre sur fond d'inquiétude

(Actualisé avec changes, taux, pétrole et marchés émergents)

* Le Dow a gagné 0,15%, le S&P 500 quasi stable, le Nasdaq a cédé 0,67%

* Les technologiques ont pesé sur la tendance

* Les secteurs défensifs en soutien

* La Chine et l’Italie continuent d’inquiéter

par Marc Angrand

PARIS, 8 octobre (Reuters) - La Bourse de New York a fini en ordre dispersé lundi, les valeurs défensives ayant assuré un soutien au marché dans un climat général dominé par l’inquiétude suscitée par l’économie chinoise et la remontée des rendements obligataires.

L’indice Dow Jones, qui a passé la majeure partie de la journée dans le rouge, a gagné 39,73 points, soit 0,15%, à 26.486,78.

Le S&P-500, plus large, a cédé 1,14 point (-0,04%), à 2.884,43 et le Nasdaq Composite a reculé de 52,50 points, soit 0,67%, à 7.735,95.

Le Nasdaq accuse ainsi désormais trois séances consécutives de repli pour une baisse cumulée de 3,6%.

Le marché obligataire américain était fermé ce lundi pour la célébration du “Columbus Day”, mais vendredi le rendement des Treasuries à dix ans avait atteint son plus haut niveau depuis sept ans, tout près de 3,25%.

“Il y a un effet ‘gueule de bois’ après les mouvements rapides de la semaine dernière sur les rendements et le simple fait que le marché obligataire soit fermé ne signifie pas que les investisseurs ne sont pas inquiets”, a commenté Michael Antonelli, directeur des ventes institutionnelles de Robert W. Baird.

La remontée des taux a notamment ravivé chez certains analystes des interrogations sur les niveaux de valorisation des actions américaines, à quelques jours du début de la saison des résultats trimestriels.

Autre motif de préoccupation: l’impact économique des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine après l’annonce dimanche par la banque centrale chinoise d’une nouvelle baisse du niveau de réserves obligatoires des banques, une mesure de soutien au crédit et à l’activité économique.

Loin de rassurer, cette décision a fait chuter les Bourses chinoises (-4,3% pour l’indice CSI 300 des principales capitalisations de Chine continentale) et baisser le yuan.

A Wall Street, l’indice de volatilité Vix, parfois surnommé “l’indice de la peur”, a atteint en séance son plus haut niveau depuis fin juin avant de réduire ses gains.

Le S&P 500 a perdu jusqu’à 0,81% mais a effacé ses pertes en fin de journée grâce à l’atténuation de la baisse du pétrole et à la bonne tenue des valeurs défensives.

VALEURS

L’indice S&P des services aux collectivités (“utilities”) a ainsi gagné 0,77%, celui de l’immobilier 1,32% et celui des biens de consommation courante 1,34%.

A l’opposé, le compartiment des hautes technologies a abandonné 1,18%. Parmi les replis les plus marquants du jour au sein des “techs”, Microsoft a cédé 1,14%, Cisco Systems 1,27%.

Alphabet a cédé 1,02% après l’annonce de la fermeture de son réseau social Google+ à la suite de la découverte d’une faille de sécurité qui a exposé des données personnelles d’utilisateurs. Le titre a touché en séance un plus bas de trois mois.

Egalement en net repli, Tesla a cédé 4,35% et inscrit un plus bas de six mois, toujours affecté par les attaques du fonds spéculatif Greenlight le comparant à Lehman Brothers.

A la hausse, General Electric a gagné 3,26%, sa sixième progression d’affilée, après un commentaire optimiste de Barclays sur la capacité du nouveau directeur général, Larry Culp, a accélérer la restructuration.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les marchés européens ont fini eux aussi dans le rouge, l’indice large Stoxx 600 cédant 1,12% pour finir sur son plus bas niveau de clôture depuis le mois d’avril.

Aux inquiétudes concernant la Chine et la remontée des taux s’ajoutent, pour les investisseurs européens, les tensions de plus en plus évidentes entre le gouvernement italien et la Commission européenne.

À Paris, le CAC 40 a reculé de 1,10% à 5.300,25 points après avoir enfoncé le seuil des 5.300 points pour la première fois depuis le 12 septembre.

A Londres, le FTSE 100 a perdu 1,16% et à Francfort, le Dax a cédé 1,36%. L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 1,07% et le FTSEurofirst 300 1,14%.

Le repli a été plus marqué à Milan, où l’indice FTSE MIB a chuté de 2,43%, au plus bas depuis avril 2017, pénalisé entre autres par le secteur bancaire (-3,71%), sur fond de remontée des rendements des obligations souveraines.

CHANGES

Les inquiétudes liées aux projets budgétaires de la coalition gouvernementale italienne ont alimenté la baisse de l’euro, qui est tombé à son plus bas niveau depuis près de deux mois face au dollar à 1,1460 avant d’effacer une partie de ses pertes en fin de séance.

Il se rapproche ainsi du plus bas d’un an atteint mi-août à 1,1355 dollar.

La monnaie unique européenne a aussi cédé du terrain contre le franc suisse et le yen japonais.

L’autre fait marquant du jour est la baisse du yuan chinois , dont le cours officiel en clôture est revenu au plus bas depuis sept semaines à 6,9315 pour un dollar.

Le billet vert, lui, affichait en fin de journée une progression de 0,14% face à un panier de devises de référence . Les positions à découvert à l’achat sur la devise américaine ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis décembre 2016.

TAUX

En l’absence du marché des Treasuries, fermé pour le “Columbus Day”, jour férié aux Etats-Unis, le marché obligataire européen a connu une journée agitée, marquée par une nouvelle envolée des rendements de la dette publique italienne.

Le rendement des emprunts d’Etat italiens à dix ans a ainsi pris jusqu’à 30 points de base à 3,626%, sons plus haut niveau depuis février 2014.

L’écart de rendement (“spread”) entre les titres à dix ans italiens et allemands a ainsi dépassé 300 points de base.

Ce mouvement a été alimenté principalement par les commentaires offensifs de Matteo Salvini à l’encontre de la Commission européenne.

PÉTROLE

Les cours du brut ont fini en baisse mais bien au-dessus de leurs plus bas du jour, une partie des investisseurs misant sur les mesures de soutien à l’économie adoptées par la Chine pour soutenir la demande.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a ainsi terminé sur un repli limité à cinq cents, à 74,29 dollars le baril, après un plus bas à 73,07 dollars.

De même, le Brent est tombé jusqu’à 82,66 dollars avant de remonter à 83,91 dollars en fin de séance, limitant sa baisse à 25 cents.

Des traders ont expliqué que les cours avaient été soutenus par des informations sur une baisse des stocks à Cushing, le principal terminal pétrolier des Etats-Unis.

Parallèlement, les compagnies présentes dans le golfe du Mexique ont mis à l’arrêt 19% de leur production à l’approche de l’ouragan Michael.

ÉMERGENTS

Les marchés latino-américains ont salué les résultats du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, qui placent le candidat d’extrême Jair Bolsonaro largement en tête avec plus de 46% des voix.

La Bourse de Sao Paulo a gagné 4,57%, tirée entre autres par un bond de 11,02% de la compagnie pétrolière Petrobras . Le real s’est parallèlement apprécié de près de 2% face au dollar américain.

A SUIVRE MARDI:

La séance de mardi sur les marché sera animée entre autres par les nouvelles prévisions économiques du Fonds monétaire international (FMI), qui devraient intégrer la montée des tensions commerciales internationales, et par les statistiques mensuelles de la balance commerciale allemande.

Du côté des sociétés cotées, le géant du luxe LVMH publiera son chiffre d’affaires trimestriel après la clôture des marchés européens, une publication très attendue par l’ensemble du secteur.

Avec April Joyner à New York

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below