October 4, 2018 / 4:27 PM / in 2 months

Rome veut taxer les banques pour financer son budget-source

ROME, 4 octobre (Reuters) - Le gouvernement italien envisage de réduire les avantages fiscaux dont bénéficient les banques pour financer le budget 2019, apprend-on jeudi d’une source au sein du gouvernement.

Confirmant une information du quotidien Il Sole 24 Ore, la source précise que Rome pourrait ainsi réduire le montant des versements d’intérêts et des provisions que les banques pourraient déduire de leur bénéfice imposable.

Le gouvernement de Giuseppe Conte peine à financer un certain nombre de promesses électorales qu’il veut mettre en oeuvre dès 2019.

Si les mesures évoquées s’appliquaient, les établissements de crédit ne pourraient plus déduire de leur base fiscale que 85% des versements d’intérêts et devraient étaler les pertes liées à l’adoption de la norme comptable IFRS9, récemment mise en place, rapporte Il Sole.

La fédération bancaire italienne ABI a fait savoir qu’une pression fiscale accrue sur les banques risquerait d’affaiblir l’économie, car les établissements de crédit seraient en moins bonne position pour répondre aux besoins de financement des entreprises.

Mais le ministre de l’Industrie, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement des 5 étoiles (M5S, antisystème) et vice-président du Conseil, a qualifié de “sacro-saint” le principe visant à “priver les banquiers de certains de leurs privilèges”.

“Si de bons résultats économiques dépendaient des privilèges des banquiers, nous serions aujourd’hui au ‘Pays de cocagne’ vu tout l’argent que le secteur a reçu des précédents gouvernements”, a-il déclaré sur son compte Facebook.

Le gouvernement de centre-gauche remplacé par le cabinet actuel a fait passer plusieurs mesures pour aider le secteur bancaire à sortir d’une crise profonde, une politique qui a culminé avec le sauvetage de Banca Monte dei Paschi di Siena , troisième banque du pays, en 2017.

Le succès électoral du M5S a été favorisé par la colère de la population à la suite d’une série de faillites de petits établissements bancaires qui ont lésé des épargnants.

Les banques italiennes détiennent une part importante de la dette de l’Etat. Une vive hausse des rendements obligataires les met donc sous pression et suscite des interrogations sur l’état de leurs fonds propres, alors même qu’elles vont être confrontées à d’importants besoins de refinancement au cours des deux prochaines années.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below