October 4, 2018 / 3:02 PM / 15 days ago

GRAPHES-Le franc suisse à la baisse malgré le risque italien

PARIS, 4 octobre (Reuters) - Le franc suisse ne répond plus aux péripéties budgétaires italiennes depuis quelques semaines et continue de se déprécier vis-à-vis de l’euro malgré les inquiétudes suscitées par les finances publiques de Rome.

Depuis l’accord de gouvernement fin mai entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) en Italie sur un programme anti-austérité, le franc suisse n’avait cessé de s’apprécier contre l’euro, affichant la meilleure performance de toute les devises du G10 par rapport à la monnaie unique.

L’évolution de la devise helvétique contre l’euro était étroitement corrélée à l’élargissement de l’écart de rendement entre les emprunts d’Etat à dix ans italiens et allemands, lui-même mesure de l’inquiétude croissante des investisseurs devant les projets budgétaires italiens. Ce n’est plus le cas depuis le début du mois de septembre.

“Le facteur de soutien de l’économie suisse que constituait la faiblesse du franc suisse s’est évanoui: alors que son taux de change effectif avait reculé d’environ 4% en 2017, il a totalement remonté la pente en 2018”, notent les analystes de Swiss Life Asset Management dans la dernière livraison de leur note de conjoncture mensuelle, ajoutant que “petite économie ouverte, la Suisse reste exposée aux risques d’escalade des litiges commerciaux”.

La perspective d’un ralentissement de l’économie et de l’inflation plaide pour la poursuite d’une politique monétaire très accommodante, donc peu favorable à l’appréciation de la devise, qui reste toutefois bien au-dessus du niveau de 1,20 euro, le plancher que la Banque nationale suisse avait défendu jusqu’au début 2015. Pourtant, “le franc suisse reste une valeur refuge face à la résurgence des incertitudes du Brexit, des finances publiques italiennes et de la coalition allemande au pouvoir”, notent les analystes de Swiss Life AM.

L’évolution des négociations sur le Brexit ou celle de la situation politique allemande ne semblent toutefois pas pouvoir compenser la montée du risque italien.

La probabilité d’un Brexit sans accord est loin de diminuer et la question de la survie politique de la chancelière Angela Merkel est ouvertement posée par la presse allemande.

Pour les équipes de Bank of America Merrill Lynch, la faiblesse du franc suisse malgré ces multiples incertitudes peut refléter les difficultés dans les négociations sur l’accord cadre avec l’Union européenne amorcées en 2014.

La Commission européenne a donné vendredi à la Suisse jusqu’à la mi-octobre pour conclure un nouveau traité bilatéral avec l’Union européenne.

Les discussions achoppent notamment sur la question de la mobilité de la main d’oeuvre, notent les analystes de Merrill Lynch rappelant que les autorités ont fait de la protection des salaires suisses plus élevés que ceux du reste de l’Europe une véritable ligne rouge.

“L’Union européenne est consciente que ces décisions, dans le cadre des négociations avec la Suisse, pourraient avoir des implications à la fois sur celles concernant le Brexit et (le budget de) l’Italie”, soulignent les analystes de BofA Merill Lynch qui ajoutent “nous pensons que ce risque est sous-estimé par les marchés.”

Sources :

* The case for higher CHF volatility. Liquid Insight. Bank of America Merrill Lynch. 2 octobre 2018

* Perspectives marchés financiers. Octobre 2018. SwissLife Asset Managers. 3 octobre 2018

* Comfort levels for the franc. Daily currency briefing. Commerzbank. 20 septembre 2018

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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