October 3, 2018 / 10:16 PM / 16 days ago

LEAD 1-La Fed garde le cap, malgré l'envolée des rendements

(Actualisé avec autres citations, contexte, commentaires)

par Ann Saphir et Jonathan Spicer

SAN FRANCISCO/NEW YORK, 3 octobre (Reuters) - Les dirigeants de la Réserve fédérale américaine continuent de laisser entendre que la remontée graduelle des taux d’intérêt suffira à contenir l’inflation en dépit de la vigueur de l’économie mais la forte hausse des rendements obligataires montre que le sujet rend les investisseurs de plus en plus nerveux.

Le rendement des bons du Trésor à dix ans a atteint mercredi son plus haut niveau depuis la mi-21011 et ceux des échéances plus courtes des pics de plus de dix ans, après la publication d’indicateurs confirmant la bonne santé du marché du travail comme du secteur des services.

Les investisseurs, longtemps sceptiques sur la capacité de la Fed à resserrer sa politique monétaire autant qu’elle le prévoit, semblent désormais juger que la probabilité estimée de deux voire trois hausses de taux en 2019 est en train d’augmenter.

Plusieurs dirigeants de la Fed ont profité d’interventions publiques mercredi pour afficher leur confiance dans la capacité de l’économie américaine à éviter la sortie de route.

Son président, Jerome Powell, a ainsi souligné que les perspectives économiques étaient “remarquablement favorables” et même que la phase d’expansion en cours pourrait se poursuivre “de fait indéfiniment”.

Il a ajouté que les taux devaient poursuivre leur remontée vers le niveau considéré comme neutre (c’est à dire ni stimulant ni handicapant pour la croissance) et qu’ils pourraient même monter un peu au-delà de ce seuil.

Les prévisions présentées la semaine dernière à l’issue de sa réunion de politique monétaire montrent que la Fed table sur plusieurs années de poursuite de la croissance et sur une baisse supplémentaire du taux de chômage, déjà à son plus bas niveau historique (3,9% en août).

Sauf choc important, la banque centrale prévoit donc de poursuivre la hausse graduelle des taux en évitant une envolée de l’inflation.

“POWELL PEUT-IL PILOTER UN ATTERRISSAGE EN DOUCEUR ?”

La hausse des rendements obligataires peut résulter d’une inquiétude croissante concernant l’inflation et certains analystes estiment que ce facteur a joué dans l’évolution des rendements ces derniers jours.

“La question qui agite les marchés, c’est: Powell peut-il piloter un atterrissage en douceur ?”, résume Quincy Krosby, responsable de la stratégie de marché de Prudential Financial.

Pour Lou Brien, analyste de DRW Holdings, “s’il y a un lien entre la hausse des rendements et l’attitude optimiste de Powell sur l’inflation, c’est le risque qu’une hausse graduelle des taux ne suffise pas à faire le boulot correctement et que sa confiance dans l’absence de signe de surchauffe (ou) d’inflation soit mal placée”.

Le rendement des Treasuries à dix ans a bondi de plus de 12 points de base mercredi, sa plus forte hausse sur une séance depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en novembre 2016.

“Le fait que les taux d’intérêt bougent un jour particulier n’est pas un élément inquiétant. Les marchés sont volatils”, a dit Loretta Mester, la présidente de la Fed de Cleveland, ajoutant que les bons chiffres récents sur l’emploi et l’accord de libre-échange annoncé lundi entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique pourraient avoir contribué à la montée des rendements.

“Remonter les taux d’intérêt graduellement reste pertinent”, a-t-elle ajouté.

La Fed a relevé la semaine dernière son principal taux pour la troisième fois depuis le début de l’année et ses prévisions suggèrent une quatrième hausse en décembre, puis trois ou quatre supplémentaires l’an prochain.

Certains responsables de l’institution évoquent toutefois l’apparition à l’horizon de risques potentiels.

Thomas Barkin, le président de la Fed de Richmond, a ainsi expliqué surveiller les moteurs de l’inflation et il a cité la possibilité d’une “crise politique” ainsi que celle d’une sortie brutale et difficile du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Loretta Mester, elle, a mentionné le risque potentiel d’une divergence entre l’économie américaine et celle de ses partenaires, tout en ajoutant que ce facteur n’était pas préoccupant à ce stade.

Mardi, Jerome Powell avait quant lui rappelé que la Fed devait veiller à éviter tout à la fois un dérapage de l’inflation et un coup de frein indésirable à la croissance, et il avait parlé d’une “myriade” d’autres risques, citant entre autres les conflits commerciaux et les problèmes de stabilité financière.

Jonathan Spicer et Richard Leong; Marc Angrand pour le service français

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