October 1, 2018 / 1:09 PM / 18 days ago

USA/Bourse-Le retour en grâce de la santé va-t-il durer ?

NEW YORK, 1er octobre (Reuters) - Les valeurs de la santé ont retrouvé la faveur des investisseurs à Wall Street depuis plusieurs mois et ce retour en grâce pourrait s’amplifier avec leur profil défensif et d’éventuels solides résultats du troisième trimestre, estiment des stratèges.

Une inconnue de taille se profile néanmoins avec les élections de mi-mandat dans moins de six semaines aux Etats-Unis et le risque d’une régulation accrue du secteur.

Le compartiment de la santé a gagné plus de 13% au troisième trimestre, la meilleure performance des 11 grands indices sectoriels américains, à comparer à une hausse de 7,2% de l’indice S&P-500.

Ce trimestre faste a propulsé le secteur dans le trio de tête de Wall Street sur l’ensemble de l’année, devancé seulement par les valeurs technologiques et celles de la consommation discrétionnaire.

Or ces deux derniers indices viennent de subir une importante recomposition qui pourrait désorienter les investisseurs ayant des stratégies sectorielles, renforçant du même coup l’attrait des valeurs de la santé.

“Dans les réallocations sectorielles, la dynamique joue un rôle important et nous ne sommes qu’au début de la dynamique du secteur de la santé”, commente David Lafferty, stratège marchés chez Natixis Investment Managers.

Le retour en grâce des pharmaceutiques a commencé cet été grâce aux valorisations particulièrement basses des entreprises du secteur, couplées à la publication par beaucoup d’entre elles de résultats meilleurs que prévu pour le deuxième trimestre.

Les craintes de ralentissement de l’économie ont encore renforcé le mouvement, les valeurs de la santé, qui représentent 15% du S&P, profitant de leur profil défensif.

“La santé assure vraiment les meilleurs rendements en ce moment”, juge Martin Jarzebowski, qui suit le secteur pour Federated Investors.

Après plusieurs mois de sorties, les fonds communs de placement et fonds indiciels (ETF) investis dans la santé ont attiré plus de 4,6 milliards de dollars (4,0 milliards d’euros) d’argent frais depuis le mois de mai, selon les données de Lipper.

Ce même mois de mai a vu les valorisations du secteur tomber à leur plus bas niveau depuis plus d’un an, à 14,6 fois les résultats estimés dans 12 mois, selon Thomson Reuters Datastream.

Ce multiple est depuis remonté à 16,3 fois mais il reste bon marché à côté du S&P-500 dans son ensemble, qui se paie 16,9 fois les résultats attendus.

UN PARI DÉFENSIF

L’attrait du secteur de la santé pourrait encore se renforcer si les investisseurs deviennent nerveux quant aux perspectives de l’économie.

Le besoin de soins médicaux quelle que soit la conjoncture, la plus faible volatilité des valeurs de la santé par rapport à d’autres secteurs et la bonne santé financière de la plupart des laboratoires justifient leur statut défensif, disent les stratèges.

Mais les craintes réglementaires qui s’étaient estompées avec l’été risquent de revenir au galop à l’approche des élections parlementaires du 6 novembre, avertit Martin Jarzebowski.

Un changement de majorité au Congrès serait probablement synonyme d’un durcissement des règles pour les grands laboratoires, surtout en matière de fixation des prix.

“Le plus grand risque pour le secteur serait une victoire démocrate dans les deux Chambres”, explique Martin Jarzebowski.

Par ailleurs, la saison des résultats du troisième trimestre, qui démarre bientôt, devrait montrer un ralentissement de la croissance des profits du secteur de la santé.

Les analystes prévoient en moyenne une croissance de 10,8% des bénéfices du secteur, ce qui marquera un ralentissement après les hausses de 16,2% du premier trimestre et de 18,3% du deuxième, selon les estimations recueillies par Thomson Reuters I/B/E/S.

Pour les seuls laboratoires pharmaceutiques, principale composante du secteur, S&P Capital IQ attend une croissance des bénéfices de seulement 5,7% au troisième trimestre et 5% sur les trois derniers mois de l’année, contre 12,1% au premier trimestre et 19,8% au deuxième.

Ce ralentissement de la croissance des profits est la principale raison pour laquelle Lindsey Bell, stratège chez CFRA Research, conserve une opinion de “pondération en ligne” sur le secteur. “Je pense que le secteur va probablement commencer à ralentir”, dit-elle.

Steven DeSanctis, stratège chez Jefferies, convient que le secteur “a besoin d’une pause” après sa récente remontée. “Il faudrait de très bons résultats (...) pour maintenir la dynamique de ce groupe”, estime-t-il.

Véronique Tison pour le service français, édité par Blandine Hénault

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below