September 28, 2018 / 9:56 AM / 2 months ago

3 QUESTIONS À -Candriam-L'Italie doit s'attendre à une dégradation de sa note

PARIS, 28 septembre (Reuters) - Les marchés interprètent la trajectoire de déficit budgétaire dévoilée jeudi par le gouvernement italien comme une victoire du populisme et s’attendent à une volatilité durable autour de l’Italie, qui doit se préparer en outre à voir sa note de crédit dégradée par les agence de notation, analyse Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam.

1/ - La réaction des marchés vous surprend-elle ?

Nicolas Forest - “Le 2,4% est un signal négatif parce qu’il apparaît un peu comme une victoire du populisme et qu’il porte atteinte à la crédibilité du ministre des Finances, Giovanni Tria, qui était un peu le garant de la stabilité économique de l’Italie et qui était en faveur d’un déficit de meilleure qualité.

“Le deuxième point est qu’avec un chiffre de ce type, et compte tenu des faiblesses de l’économie italienne, les agences de notation, Moody’s en tête, devraient passer en revue la note de l’Italie et, sans doute, la dégrader dans les prochaines semaines. Il faudra voir aussi si la perspective attachée à la note sera négative.

“Dans ce contexte, le spread de l’Italie contre l’Allemagne reprend ses points les plus hauts. C’est pour cela que nous avons revendu l’Italie dès ce matin.

“Ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour la Banque centrale européenne puisqu’on se retrouve dans une période de tensions importantes, ce qui peut remettre en cause le chemin de normalisation monétaire.

“On ne parle pourtant pas d’un déficit de 6% mais de quelque chose qui n’est pas totalement déraisonnable. On peut se dire que la réaction des marchés, en attendant celles des agences de notation et de la Commission européenne, paraît un peu sévère par rapport à la situation aux Etats-Unis ou d’autres pays qui, parce qu’ils ont une forte devise, peuvent se permettre d’avoir un déficit plus élevé.”

2/ Doit-on s’attendre à un environnement durablement volatil ?

Nicolas Forest - “L’Italie va rester extrêmement volatile. Les réactions des agences de notation et de la Commission européenne ainsi que les réponses du gouvernement italien vont donner lieu à des épisodes de volatilité.

“Le gouvernement italien a choisi un chiffre suffisamment large pour lui donner des marges de manoeuvre et va essayer de le tenir mais l’environnement demeure volatil.

“Le problème, c’est qu’à travers ces chiffres, on ne voit pas de baisse potentielle de la dette. Les Italiens ont mis en parallèle leur 2,4% avec le 2,8% de la France, mais la France prévoit une très forte baisse de ce chiffre en 2020, ce qui n’est pas le cas de l’Italie.

“Nous sommes dans une configuration typique de ce qui se passe en Europe avec un intérêt national qui n’est pas en ligne avec les règles. Les marchés interprètent ce qui se passe aujourd’hui comme une victoire du populisme même si, au final, on parle ici de quelque chose d’assez raisonnable.”

3/ - S’oriente-t-on vers une crise de la dette comme avec la Grèce ?

Nicolas Forest - “Ce ne sera pas le même type de crise. C’est plutôt une crise politique que l’on pourrait avoir. Les élections européennes auront lieu en 2019 et on voit se dessiner une coalition de toute une série de gouvernements qui ont des revendications communes sur à la fois le contrôle de l’immigration et un peu plus de dépense budgétaire.

“Il n’y pas ce phénomène de contagion que l’on avait vu dans le temps passé. L’Espagne et les autres pays ne sont pas pour l’instant contaminés.”

Propos recueillis par Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault

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